Fil infos

Languedoc-Roussillon
|
Viticulture
| 26/02/2013

L'aval, pilier de la stratégie viticole régionale


La stratégie viticole régionale se précise, et l’un de ses piliers sera la partie aval de la filière. Elaborée par les trois interprofessions viticoles régionales que sont le CIVL (vins du Languedoc), le CIVR (vins du Roussillon) et InterOc (IGP pays d’Oc), sous l’égide d’Intersud, fédération qui les rassemble, cette stratégie se rapproche de sa mise en œuvre concrète. Présentée de manière plus précise lors du dernier conseil de bassin, qui s’est tenu en préfecture le 8 février dernier, elle comporte cinq axes principaux qui devraient être validés après une nouvelle phase de concertation lors du prochain conseil de bassin à la fin du mois de juin. Bernard Devic, président de la fédération, a détaillé pour la Lettre M. L'un d'eux s’intéresse à la partie avale de la filière. « Il faudrait que la conquête par l’aval soit forte, dynamisée par les metteurs en marché », insiste Bernard Devic (photo). Ainsi, l’expérience rassemblant dans un même linéaire les vins AOP et IGP, menée dans plusieurs hypermarchés, devrait être généralisée à tous les distributeurs. « Nous demandons l’élargissement de manière officielle et irréversible du linéaire commun dans toutes les centrales d’achat, super et hyper de France. » Par ailleurs, la stratégie prône la mise en œuvre d’une étude afin de mesurer les capacités commerciales en région : « Nous souhaitons réaliser une étude assez pointilleuse des capacités de l’aval, qui permettrait d'avoir une visibilité à 5 ou 10 ans. Nous avons quelques grosses structures, beaucoup de petites. Les échanges de vin ont été multipliés par 10 ces dernières années et le mouvement se poursuit. Est-ce que ces forces en présence auront la capacité d’exister dans ce marché en mouvement ? C’est la question à laquelle nous devons répondre. En Bourgogne, ils ont énormément de petits négociants, mais ils savent exactement où ils en sont. » D’ailleurs, la feuille de route prône aussi une ouverture à l’aval d’autres bassins. « Nous sommes la plus grande région de production de France. Il y a quelques metteurs en marché extérieurs, mais c’est marginal. Il faudrait le structurer pour intéresser davantage. »
Le revenu décent des viticulteurs, un postulat de base

La question de la mise en marché est cruciale, notamment pour le développement de l’export, mais aussi et avant tout pour le premier point mis en avant dans la stratégie : le revenu des viticulteurs. « Ce plan stratégique s’inscrit dans la durée, pour les 20 prochaines années, insiste Bernard Devic. Alors le postulat de base, c’est un revenu décent pour les viticulteurs. Si on n’a pas de viticulteurs pour tenir ce plan, alors ça n’est pas la peine de faire des raisonnements. » La barre est fixée entre 4 500 et 5 000 € à l’hectare. Par ailleurs, le plan stratégique de la filière soulève le problème des vins sans appellation, en demandant une harmonisation des réglementations. La question du nouveau volet de l’organisation commune de marché (OCM) vitivinicole qui s’est ouverte en 2013 sous le contrôle de France Agrimer a également été abordée, pour permettre aux viticulteurs languedociens de continuer de profiter de cette manne européenne pour poursuivre la rénovation des installations. « Le vignoble a traversé une crise sans précédent de 2004 à 2010, et le nôtre a été particulièrement touché. L’OCM a permis la rénovation du vignoble, notre région en a beaucoup profité. Il faut poursuivre cet effort. » Bernard Devic, dont le mandat à la tête d’Intersud court jusqu’à l’été, espère bien voir les premières réalisations concrètes de cette stratégie validées avant de laisser sa place.
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie