Laurent Villaret : " En 2023, la promotion va devoir travailler sur l’équilibre économique des programmes "
« Après l’incertitude de l’alimentation du marché en 2022, nous devrons travailler en 2023 sur l’équilibre économique des programmes pour produire », déclare Laurent Villaret. Le président fédération de la promotion immobilière Occitanie Méditerranée a profité des vœux 2023 pour faire un bilan de l’année écoulée et donner des perspectives au secteur qui doit « retrouver la confiance pour stabiliser les prix. Notre modèle doit évoluer car nous sommes passés d’une économie de la détention à une économie de l’usage. » Le bilan 2022 montre que la métropole de Montpellier ne pèse plus que 40% du marché de l’immobilier neuf (contre 70% en 2015) au profit de Nîmes qui atteint 27% (contre 6%), selon l’observatoire Adéquation.
En dressant le bilan du marché de l’immobilier sur les trois premiers trimestres de 2022, Clémence Peyrot, consultante au sein du bureau d’études Adéquation, constate que « la baisse des mises en ventes se poursuit sur la métropole de Montpellier qui est le 1er marché du Languedoc Roussillon ». Toujours selon elle, « les agglomérations de Perpignan, Béziers et surtout Nîmes tirent leur épingle du jeu avec au contraire des volumes de mises en vente qui augmentent de façon significative. Nîmes est le marché qui est le plus alimenté avec d’ici la fin 2022 900 mises en vente de prévues. Mais il faut s’interroger sur la capacité de ce marché secondaire à absorber cette production. » Autre analyse : la hausse des prix liée à un manque d’offre face à une demande toujours dynamique. « Il n’y a plus une agglomération en dessous de 4 000 €/m2 sauf à Narbonne », indique Clémence Peyrot avant d’expliquer que « même si l’alimentation du marché a été relancée en 2022, le rattrapage de production n’est pas facile. C’est une notion difficile à quantifier ». Pour autant, Laurent Villaret appelle à ce que « la construction de logements et l’aménagement soient davantage perçus comme vertueux car ils répondent aux besoins des ménages et des villes. »
La promotion facile est terminée
Comme Laurent Villaret, Maryse Faye, l’élue en charge de l’urbanisme veut être positive. « Dans les allées du Simi à Paris (salon de l’immobilier, 6 au 8 décembre, NDLR), on parlait de Montpellier », assure l’élue évoquant la réorganisation de la collectivité et de ses satellites tel qu’Altemed qui a conduit à lancer 8000 logements dans les Zac sur deux ans, une dizaine de Folies etc. « À ce jour 58 lots sont lancés et représente 85% de notre objectif de l’année à savoir 5000 logements. Nous espérons lancer 3 000 logements en 2023 », précise Cédric Grail, DG d’Altemed. « Seule la construction neuve ne résoudra pas le problème du logement. La réhabilitation et le recyclage de bâtiment offre un potentiel important à Montpellier comme en ex-Languedoc-Roussillon d’ailleurs », selon l’élue qui annonce un PLU-i arrêté mi-2023 et approuvé d’ici mi-2024 en souhaitant qu’il ne soit pas attaqué comme à Toulouse. La période de crise de l’immobilier fait que « nous sommes dans un momentum qui pousse à l’innovation, poursuit Cédric Grail en faisant référence aux évolutions sociétales et aux transitions écologiques. Nous sommes dans une économie du changement. Le temps de la promotion facile est terminée ! C’est aussi pour cela que nous mobilisons une vingtaine d’acteurs au sein du Lab Innov Altemed pour imaginer ce que sera la ville de demain et nous aider à mieux définir les fiches de lot afin qu’elles ne soient pas déconnectées des futurs acquéreurs.»










