Languedoc-Roussillon
Industrie
L’ASN décerne un satisfecit à la filière nucléaire en L.-R.
La division marseillaise de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) décerne un satisfecit aux installations nucléaires présentes en Languedoc-Roussillon, dans son rapport 2013, rendu public ce matin, à Montpellier. Laurent Deproit, responsable de la division marseillaise de l’ASN, estime que « la radioprotection est globalement bien abordée autour de la plateforme de Marcoule : bonne sécurité du centre de recherche, gestion maîtrisée des déchets et des effluents et progrès dans la surveillance des intervenants extérieurs avec une surveillance tracée ». L’instruction de demande de redémarrage du four de fusion de l’installation Centraco reste en cours après que le respect de nouvelles prescriptions ait été exigé en janvier dernier. Le démantèlement du réacteur Phoenix mis à l’arrêt en 2010 est en préparation. Pour ce chantier est estimé à 1 milliard d’euros, l’enquête publique débutera le 10 juin prochain. Des travaux sont prévus au niveau de l’installation Ecrin de Comurhex près de Narbonne pour limiter l’impact de l’exploitation sur l’environnement. L’ASN a procédé à 81 inspections de contrôle de la sureté nucléaire et de la radioprotection en L.-R. en 2013. 38 se sont déroulées à Marcoule, la plus importante des 5 installations nucléaires de base de la région. 18 contrôles ont concerné le centre CEA et 12 autres Melox. L’une des 38 opérations a été menée conjointement avec L’ASND (Autorité de Sûreté Nucléaire Défense). Particulièrement approfondie, elle a consisté à passer en revue la gestion des déchets et des effluents des exploitations ainsi que le transfert des déchets entre les installations.
Radiothérapie : ne pas abuser
Le reste des contrôles a concerné le domaine médical et celui de la recherche. « Face à l’augmentation des doses de rayonnements délivrées dans le cadre des traitements des cancers, l’ASN appelle le milieu médical à la surveillance de la pertinence des prescriptions de la radiothérapie et à un plus grand recours à d’autres technologies malgré leur surcoût », a dit Anne-France Didier. L’ASN met en garde sur le risque accru d’accidents par le manque de physiciens médicaux au sein des équipes compétentes dans la manipulation d’équipements. Elle annonce un renforcement de la vigilance sur le vieillissement d’équipements dans les services de médecine nucléaire. Une nouvelle journée de sensibilisation sur la radioprotection pour des professionnels de santé va être organisée cette année.
« Aucun événement majeur »
Au niveau des trois régions suivies par la division de Marseille, « aucun événement majeur n’est survenu, s’est réjouie Anne-France Didier, déléguée territoriale de l’ASN. Le niveau de sureté nucléaire et de radioprotection dans les régions Paca, L.-R. et Corse est globalement assez satisfaisant sur la base des 237 inspections réalisées en 2013. La culture de déclaration des incidents à l’ASN s’améliore avec 35 événements significatifs signalés sur le parc des installations nucléaires (2 classés niveau 1 sur l’échelle INES graduée de 0 à 7 ) et 42 autres concernant des patients (13 classés niveau 1) »
Suite à l’incident de Fukushima, l’ASN continue de mener des investigations pour prendre des mesures correctives en cas de situation extrême. « Le retour d’expérience de cet accident prendra 10 ans, selon Anne-France Didier. Aux exploitants, il est d’ores et déjà demandé de prévoir des noyaux durs pour s’organiser en cas de tornade, séisme et de graves inondations. »










