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Languedoc-Roussillon
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Industrie
| 14/06/2012

À l’Ardoise, Anne Lauvergeon en ambassadrice de l’industrie métallurgique

Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva (jusqu’en 2011) et présidente du Fonds A2i (Agir pour l’insertion dans l’industrie), a visité mercredi l’entreprise ACPP (L’Ardoise, groupe CTI, chaudronnerie et tuyauterie nucléaire, 90 salariés) et a présenté le Geiq* Industrie Gard, Vallée et Delta du Rhône (cf. ci-contre), dans le cadre son « tour de France de l’insertion dans l’industrie ». Elle était accompagnée de Florence Caumes, directrice du Geiq Industrie, Stéphane Plé, directeur d’ACPP L’Ardoise et Patrice Patitucci, président de l’UIMM Gard Lozère.
Reconvertie en ambassadrice de l’industrie à la française, Anne Lauvergeon a déclaré, après avoir échangé pendant une heure avec plusieurs jeunes recrutés récemment par ACPP dans le cadre du Geiq : « Ce qui est fait ici doit être développé dans d’autres endroits en France. C’est l’idée de mon Tour de France : dupliquer ailleurs ce qui marche à un endroit. Grâce au Geiq, le destin de ces jeunes et moins jeunes a été profondément modifié. Ils ont un CDI, de vrais jobs. Voilà qui donne une envie collective. C’est un investissement extraordinairement rentable. On crée de la valeur pour la France à l’export, et on nourrit le tissu industriel local. »

Paradoxe français

"Atomic Anne", entourée d’un staff de communication très fourni (caméraman, attachés de presse…), a rappelé le "paradoxe français" : « D’un côté, chaque année, 160 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire et 80 0000 étudiants décrochent de l’enseignement supérieur. C’est un formidable gâchis humain et financier. La France compte 1,6 million de chômeurs de longue durée, 2 millions d’allocataires du RSA et 270 000 personnes handicapées à la recherche d’un emploi. D’un autre côté, les entreprises industrielles ont des besoins (tuyauteurs, soudeurs, programmeurs, ingénieurs..) et n’arrivent pas à les satisfaire. C’est vrai des grandes entreprises, mais aussi et surtout des PME/PMI. La question à laquelle il faut répondre est : comment construire des passerelles entre les jeunes sans emploi et ces métiers ? Le Geiq enregistre 95 % de réussite en sortie. Ce n’est pas ni une opération bidon ni un stage parking. Les entreprises parient sur des gens qui n’ont pas les formations initiales correspondantes. »
Anne Lauvergeon a ajouté : « Pendant la campagne présidentielle, on a beaucoup parlé de compétitivité et de coût du travail. On a moins parlé d’une autre forme de compétitivité, qui est celle des compétences. Notre industrie ne réussira que si nous pouvons développer les compétences dont elle a besoin. C’est l’esprit du Geiq : des gens qui étaient cuisiniers, vendeurs, ostréiculteurs…, ont rencontré le chemin du Geiq, et leur destin s’en est trouvé transformé. »

« A2i a un côté évangélisateur »

Stéphane Plé a confirmé : « Le Geiq m’a donné des outils RH et des outils sur l’insertion que je n’avais pas. Par exemple, un jeune qui avait une formation comptable et devenu un pilier de l’entreprise. Il a fallu le persuader, et persuader aussi les tuteurs, puis suivre ces apprentis au quotidien. Aujourd’hui, j’ai six personnes issues du Geiq dans l’entreprise. C’est une réussite inespérée. Mon développement s’est basé sur ce type de recrutement, qui concerne des gens qui sont reconnaissants, et très attachés à leur territoire. »
Pour l’industrie française, les enjeux sont multiples : permettre aux entreprises de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée et formée, gagner en compétitivité, éviter les délocalisations… D’après A2i, l’industrie ne pèse plus que 16 % de la valeur ajoutée marchande en France, contre 24 % au début des années 2000.
Créé fin 2009 par l’UIMM, le fonds A2i est doté d’un budget de 70 M€ sur cinq ans, ce qui en fait le premier fonds privé en France sur l’insertion. Il a, à ce jour, investi 8,7 M€ pour soutenir 84 projets sur un plan national. Ces actions ont contribué à l’accès à l’emploi de plus de 11 000 salariés en difficulté sur le marché du travail. « A2I finance des opérations, après passage devant un comité de sélection. Nous sommes incitateurs, motivateurs, passeurs de bonnes pratiques, avec un côté évangélisateur… »
Prochaine étape : « À la rentrée, nous tirerons les conséquences de ces différentes étapes, de tout ce que nous avons appris en deux ans et demi, pour voir comment passer la démultipliée sur l’insertion professionnelle dans l’industrie, avec nos partenaires - industriels, structures d’insertion, élus locaux, services publics de l’emploi, UIMM, CFAI, AFPI… »

* Groupement d’employeurs pour l’industrie et la qualification.

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