
À l’instar de la Banque de France, le Groupement de la statistique publique en Languedoc-Roussillon annonce une année 2013 difficile, après une année 2012 pendant laquelle « la crise s’est prolongée ». Parmi les premiers signes inquiétants en 2013 : un PIB en stagnation au niveau national (0 % au 1er trimestre, + 0,1 % au second selon l’Insee), et une activité en baisse dans plusieurs secteurs. Selon Nadine Chauvière, directrice régionale des Finances publiques du Languedoc-Roussillon et de l'Hérault, le CA déclaré par les entreprises a chuté de 10 % au premier trimestre 2013, après une baisse de 3 % sur l’année 2012. Quant à celle du secteur du commerce et de la réparation automobile, il poursuit sa baisse : - 1,6 % au premier trimestre 2013 après une chute de 1,13 % en 2012. Selon le directeur de la Dreal L.-R., Didier Kruger, les travaux publics, qui ont connu une forte baisse d’activité en 2012, devraient connaître une mauvaise année 2013, en attendant le lancement des grands chantiers d’infrastructures, le dédoublement de l’A9 et la construction du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier. Pour le directeur régional de l’Insee, Francis Vennat, le L.-R. est passé par trois phases au fil de la crise : « une période pendant laquelle son économie a bien marché, une phase de résistance à la crise, et une période de creusement des écarts avec la moyenne nationale ». Pour Francis Vennat, « l’économie présentielle (basée sur la population du territoire, NDLR) ne suffit pas. Et l’économie productive ne prend pas le relais ».
2012 : la crise se prolonge
Selon le document publié aujourd’hui par le GSTAT, la situation économique du Languedoc-Roussillon « a connu un coup de frein en 2012 », à l’image de la situation nationale. Signe de la poursuite de la crise en L.-R. : la baisse des créations d’entreprise (- 1,6 %), et le niveau record des défaillances d’entreprises : 3 400 entreprises régionale ont fait l’objet, en 2012, d’une procédure judiciaire (+ 5 %). Autres points négatifs en 2012 : la diminution des exportations et du fret, l’atonie de la consommation des ménages, et les difficultés sur le marché du logement, malgré une hausse de la production de logements sociaux (4 500). L’emploi recule : 5 500 postes salariés ont disparu en 2012, sur un total de 11 000 emplois salariés détruits depuis le début de la crise à la fin du premier trimestre 2008. « Ce qui est nouveau, ce sont les destructions d’emplois dans les services et le commerce », note Francis Vennat. Du coup, « sous le double effet de la croissance démographique soutenue et de la contraction de l’emploi salarié », le taux de chômage a progressé de 1,2 % en 2012 en L.-R. pour atteindre 14,3 % de la population. Soit un niveau « qui n’avait jamais été atteint depuis le début des années 2000 », et « le plus élevé de France métropolitaine ». Corollaire de cette hausse du chômage : une « aggravation des difficultés sociales », une progression de 4 % du nombre de foyers allocataires du RSA : 265 000 personnes sont couvertes, fin 2012, soit 10,2 % de la population régionale.
Des raisons d’espérer
Quelques touches d’optimisme atténuent la noirceur du tableau : l’activité industrielle régionale croît légèrement par rapport aux autres régions, même si la croissance de son CA est moins forte que celle de l’année précédente. Après une saison 2011 « exceptionnelle », le tourisme régional « se maintient à un bon niveau », et le tourisme d’affaires « continue de se développer ». Si les exportations diminuent, les industries agroalimentaires sont au contraire dynamiques, notamment pour les vins et alcools. « 3,4 M d’hectolitres de vins AOP et IGP ont été exportés en 2012 », rappelle Pascal Augier, directeur de la Draaf L.-R. « 72 % des vins à IGP exportés en France proviennent de notre région ». « L’investissement en qualité paye », estime Francis Vennat, en faisant référence à la montée en gamme des vins du Languedoc-Roussillon. « Et l’investissement paye, comme on le voit pour les logements sociaux, qui a eu un effet d’entraînement pour le BTP, pour le tourisme, avec le plan stratégique de développement régional ».
La Direccte mise sur l’industrie
Pour amortir le mauvais départ pris par l’économie régionale en 2013, Nadine Chauvière rappelle les dispositifs mis en place par l’Etat en soutien à l’économie et aux entreprises : « Le Duflot va prendre le relais du Scellier, la production de logements sociaux sera en hausse, et le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) fait déjà l’objet d’une trentaine de demandes en région. Les effets de ces mesures se feront sentir en 2013 et en 2014 ». Pour le directeur de la Dirrecte L.-R., Philippe Merle, qui partage l’analyse de Francis Vennat sur le recul de l’économie présentielle, qui « atteint ses limites », le salut ne passe pas seulement par le tourisme, « qui crée beaucoup d’emplois saisonniers », mais « sur des secteurs qui créent de l’emploi induit : l’industrie, les travaux publics, ou encore certains segments du bâtiment. C’est le point fort des années qui viennent ».