Fil infos

Hérault
|
Syndicats - Fédérations - Associations
| 9/02/2021

Lancement d'Apesa Montpellier pour soutenir les entrepreneurs en souffrance

Un nouvel outil d’accompagnement des dirigeants malmenés par la crise se met en place à Montpellier, sous l’impulsion du tribunal de commerce : l’association Apesa (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë) Montpellier. Présidée par Gabriel Culot, cette association vise à mettre en place, au sein du tribunal de commerce pour commencer, un réseau de personnes – les sentinelles - capables de donner un premier niveau d’alerte si la santé mentale des entrepreneurs qu’ils rencontrent est fragile. Les organismes de médecine du travail Ametra et Aipals financent la première année d’existence d’Apesa Montpellier. L'association Apesa est déjà présente à Béziers, Nîmes et Perpignan. Apesa Narbonne et Apesa Carcassonne sont en cours de création. 

Cellules d'aides aux dirigeants
« À ce jour, près de 35 personnes ont été formées, indique le président d’Apesa Montpellier. L’intérêt est d’agir très rapidement une fois la fiche d’alerte créée – avec l’accord du chef d’entreprise-. Dans les 45 minutes qui suivent, l’entrepreneur recevra un appel d’un psychologue du réseau national Apesa capable d’estimer la nécessité d’intervenir. » La mission de l'Apesa vient en complément de celle du Centre d'information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP, 400 entreprises accompagnées depuis 2012) ou bien encore de la cellule d’écoute des dirigeants mise en place avec l’observatoire Amarok du professeur Olivier Torrès qui lutte contre le burn out et l’épuisement professionnel. « Beaucoup de faillites ont été évitées cette année grâce aux aides de l’État mises en œuvre mais il faut rester vigilant », estime André Deljarry, président de la CCI 34 (83 000 entreprises rattachées).

Se préparer au rebond
Olivier Torrès insiste sur l’importance de préparer le rebond. Pour cela, il faut avoir « des hommes et des femmes qui ont la niaque ! », rappelant que dans les PME, le dirigeant est le « premier capital immatériel de l’entreprise. Les chefs d’entreprise sont épuisés mais cela ne veut pas dire qu’ils vont tomber. Ils ont une grande faculté d’adaptation. » Thierry Ducros, président du CIP, ne cache pas quant à lui ses inquiétudes et appelle les entrepreneurs à anticiper : « beaucoup d’entreprises sont sous perfusion. Elles ne sont plus harcelées par leur banquier ou leurs fournisseurs et manquent de recul sur la véritable santé économique de leur entreprise. » Et André Deljarry d’exhorter aussi les entrepreneurs à sortir de l’isolement et de confirmer : « pour l’instant, il n’y a pas de casse mais il faut préparer la suite car cela va venir. Avec le PGE, les entreprises ont une trésorerie comme elles n’en ont jamais eu mais c’est éphémère, il faudra rembourser. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie