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Languedoc-Roussillon
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Viticulture
| 28/01/2013

La viticulture bio sort de sa niche

Le salon millésime bio, qui fête en 2013 son 20e anniversaire, a ouvert ses portes ce matin au parc des Expositions de Montpellier. L’occasion pour les acteurs qui ont contribué à faire de ce rendez-vous « le plus important salon professionnel bio au monde », dixit Thierry Julien, le président de l’association Sudvinbio qui porte l’événement, de réaffirmer que la viticulture bio est bien plus qu’un marché de niche. « La bio, aujourd’hui, c’est devenu une tendance lourde, ajoute Thierry Julien. Mais on ne vient pas à la bio par hasard. Il faut croire à un projet sur l’environnement et pas juste pour gagner de l’argent. Le marché est en train de se stabiliser, c’est une très bonne nouvelle. » Les 690 exposants venus de 11 pays différents, soit plus de 100 supplémentaires que l’an passé, sont d’ailleurs là pour le confirmer.
Des prix à la hausse
L’augmentation des volumes est toutefois une question qui agite le milieu de la bio, ou en tout cas qui pose question : la bio va-t-elle voir ses prix baisser ? Pour Lionel Lavail, directeur des Domaines Cazes, dans le Roussillon, c’est tout le contraire : « Nous sommes aujourd’hui sur un marché global où la consommation augmente quand la production a tendance à se serrer. Je suis très confiant sur l’évolution des prix, qui comme les autres catégories, devraient aller à la hausse. » « Il faut quand même être prudent, tempère Patrick Guiraud, du domaine de Valescure dans le Gard. La consommation de vin bio augmente moins vite que la production. Il va falloir faire des efforts sur la mise en marché, si l’on ne veut pas que les prix s’en ressentent. »

Une production nationale en essor
La production française, comme celle du L.-R., a en effet tendance à suivre une courbe exponentielle : en France, en 2011 (derniers chiffres disponibles), la vigne bio représentait 61 055 ha, soit 7,4 % du vignoble français. Des surfaces en forte croissance, puisque le vignoble bio a connu une croissance de 21 %, avec 32 394ha, soit + 12 % pour les surfaces en conversion et + 34 % pour les surfaces certifiées à 28 662ha. Le Languedoc-Roussillon reste le plus vaste vignoble bio de France avec 19 907ha (bio + conversion), soit une augmentation de 21 %. Avec 1 199 producteurs, le nombre d’exploitation a également augmenté, de 17 %. Quatre vignobles affichent des parts en bio supérieures à 10 % : Paca (15 %), Alsace (13 %), Franche-Comté (12 %), Corse (10 %). Pour cette filière, les objectifs du Grenelle de l’environnement (6 % de la surface agricole utile en bio en 2012) ont ainsi été atteints et dépassés dès 2010. Entre 2007 et 2011, le nombre d’exploitations a augmenté de 146 % à 4 692, et les surfaces de 171 % à 8 562 ha, bio et conversion confondue.
Vins bio en progression
La progression des ventes de vin bio croît, elle aussi. En France, son rythme est plus modéré que dans le reste du monde. Les consommateurs de bio se trouvent essentiellement dans l'hémisphère nord, avec les Etats-Unis en tête (20,6 Md€ en 2010) et pour l'Europe, l'Allemagne (6,6 Md€). « Nous devons prendre ces nouveaux marchés, a martelé Christian Bourquin, lors de l'inauguration officielle du salon, ce matin. Nous devons jouer sur la reconnaissance de Millésime bio pour générer un effet d'entraînement. » À partir de mercredi, 220 importateurs participent d'ailleurs au Forum international d'affaires de Sud de France. L'occasion pour tous les producteurs Sud de France, et pas seulement bio, de se faire une place à l'international.
Légende : Au centre Christian Bourquin, président de Région. A sa gauche, Thierry Julien, président de SudVinBio.
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