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Hérault
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Aménagement - Urbanisme
| 30/04/2010

La Ville de Montpellier lance le projet de reconversion du site militaire de l’EAI

Avec le départ de l’Ecole d’Application de l’Infanterie (EAI) cet été, 38 hectares (soit la moitié de la superficie de l’Ecusson, centre historique), situés aux portes du centre ville de Montpellier, à l’ouest, vont être libérés d’un seul coup. Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, a présenté jeudi 29 avril à la presse les six projets de reconversion du site, sélectionnés au terme d’un appel à idées qui a recueilli 65 candidatures. « 38 ha d’un seul coup arrivent d’un coup en plein centre, a déclaré Hélène Mandroux. La Ville ne pouvait pas se détacher et se désintéresser de ce lieu extraordinaire, d’autant plus qu’on ambitionne de faire passer la 4ème ligne de tramway. » L’ambition politique est d’ouvrir le parc sur la ville, dans le cadre d’un réaménagement global de l’avenue de Toulouse, toute proche. « Nous avons commencé à acheter des maisons pour ouvrir à terme l’espace et permettre de faire se correspondre l’entrée de ville et le site de l’EAI », a précisé Philippe Saurel, adjoint à l’urbanisme. L’urbanisation éventuelle du site est pour l’instant impossible : « Les zonages de ce site qui sont dans notre PLU interdisent toute construction différente de casernement pour l’Armée. Sur les 38 ha de l’EAI, nous avons des espaces boisés classés et des terrains inondables. Il faudrait changer le zonage pour qu’on puisse développer d’autres projets. Et pour changer le zonage, il n’y aura que deux solutions : une modification de PLU ou sa révision complète. »

Ouverture sur la ville et besoin d’agir vite

Les lauréats peaufineront leurs projets pendant l’été, qu’ils restitueront et présenteront en septembre dans le cadre d’une audition. Sur cette base, la Ville établira le programme de transformation du site de l’EAI, base des discussions avec le Ministère de la Défense. Un concours d’urbanisme sera lancé au cours du 4e trimestre 2010. Parmi l’exposé des six lauréats, présents jeudi à l’Hôtel de Ville, un leitmotiv : la nécessaire ouverture de ce poumon vert sur la Ville, et l’envie de faire vite. « Il ne faut pas attendre 20 ou 30 ans un plan mass idéal, a averti l’architecte montpelliérain François Percheron. N’attendons pas que ce site se dévitalise et devienne une friche pour agir. D’autant plus que les espaces bâtis et naturels, ainsi que les équipements, sont très qualitatifs. » Jérôme Apak, architecte marseillais, a insisté sur le rôle d’espace vert que pourra jouer le site dans la ville : « Montpellier a très peu de parcs et d’espace végétal », a-t-il relevé. Financièrement, le projet le plus solide semble celui porté par la Caisse des Dépôts, via ses filiales Icade et SNI (société nationale immobilière, basée à Montpellier, 1er bailleur de France) et par l’audois Jacques Ferrier (architecte du pavillon français de l’exposition universelle de Shanghai). « Rien n’est figé, a prévenu Hélène Mandroux. Nous pourrons agréger des parties de candidats différents. »

Le départ de l’Armée cause 100 M€ de pertes par an

La perte économique liée aux départs de l’EAI (635 militaires et 274 civils) et de l’Emsam est chiffrée par les services de l’Etat à 100 M€ par an, a annoncé Yannick Tondut, directeur général délégué en charge du développement à la Ville. Un préjudice financier que la Ville compte bien utiliser à son avantage dans le cadre des négociations à venir avec le ministère de la Défense pour l’acquisition du foncier. Le site, toujours propriété du ministère de la Défense, comprend des casernes militaires, des équipements sportifs (piste d’athlétisme, piscine, terrains de basket-ball, handball et volley-ball, courts de tennis), un pôle instruction (salles de cours, médiathèque, deux amphithéâtres de 50 et 250 places) des espaces boisés classés et des terrains inondables. Le projet phare, voulu par Hélène Mandroux, est l’implantation de la cité Hippocrate, sorte de "Villette du corps humain" dédié aux sciences médicales et de la santé. « Ce projet est antérieur à l’annonce du départ de l’armée, a-t-elle précisé. Dans cette cité Hippocrate, les visiteurs entreraient dans des représentations de poumons, cœurs, cerveaux…, pour aller en quelque sorte à la découverte d’eux-mêmes. Le lieu s’adressera aussi aux scientifiques et aux scolaires. Il me semble naturel de porter un tel projet, à la fois en tant qu’ancien médecin et au vu de l’histoire de la Ville, très marquée par la médecine. »

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