A la veille des réunions publiques sur l’A9b, la Région L.-R. et la FRTP font monter la pression

La Région L.-R., via une lettre ouverte de son président Christian Bourquin à l’attention de Nicolas Sarkozy publiée dans le quotidien Midi Libre, et la Fédération Régionale des Travaux Publics L.-R., via une contribution diffusée lors de l’AG du Sprir (industrie routière) L.-R., jugent, ce vendredi, indispensable et urgente la réalisation du déplacement de l’autoroute A9 au droit de Montpellier, appelant l’Etat à agir sur la base de la DUP de 2007.
Ce projet de nouvelle infrastructure fait l’objet de quatre réunions publiques la semaine prochaine (18h-21h) : lundi 27 à Mauguio, mardi 28 à Saint-Jean-de-Védas, mercredi 29 à Vendargues et jeudi 30 à Montpellier. « Nous apprécions la lettre ouverte de M.Bourquin parue ce matin, a indiqué Thierry Lorillon, président de la FRTP L.-R. Nous avons diffusé notre contribution aux salariés de nos entreprises. Il ne faut pas que seuls les opposants s’expriment lors de ces réunions publiques. »
L’A9b à 2X2 voies pas exploitable, selon la FRTP et ASF
La FRTP brandit également un argument économique : le temps, c’est de l’argent. « Les heures perdues dans ces encombrements représentent une importante perte économique pour les entreprises et pour la collectivité. Le ralentissement de la rotation des véhicules sur les nombreux chantiers de l’agglomération montpelliéraine entraîne un surcoût des chantiers, supporté in fine par les collectivités et les contribuables locaux. »
Sur le projet lui-même, le syndicat prône un déplacement à 2X3 voies. « L’option d’une autoroute à 2X2 voies avec bande d’arrêt d’urgence circulable par fort trafic (projet ‘Borloo’, soumis à la concertation publique, NDLR) semble délicate et risquée, compte tenu des enjeux de sécurité sur cette infrastructure à très fort trafic. » Une position partagée par les services d’ASF, qui estiment techniquement inexploitable un contournement à 2X2 voies dédié au trafic de transit, vu les flux enregistrés.
L’A9b, condition pour créer un périphérique autour de Montpellier
Pour aller vite, le projet doit s’inscrire « impérativement » dans le cadre de la déclaration d’utilité publique de 2007, « purgée de tout recours » (depuis la décision du conseil d’Etat de décembre 2010, NDLR), insistent en chœur la Région L.-R. et la FRTP.
Reste que la DUP évoquée porte sur un projet différent - dédoublement long de l’autoroute, entre Baillargues et Saint-Jean-de-Védas, sur 19 km -, sacrifié depuis sur l’autel du Grenelle de l’Environnement. Le projet qui sortira de la concertation en cours sera-t-il compatible avec la DUP de 2007 ? Se situer dans la « bande » de la DUP suffit-il à cette compatibilité ? Des batailles juridiques se profilent. Europe Ecologie Les Verts a déjà annoncé son intention de déposer un nouveau recours devant le conseil d’Etat après que le ministre Mariani aura pris sa décision (a priori, en septembre).
« La remise en cause de ce cadre légal (lancement d’une nouvelle enquête publique, NDLR) se traduirait par la persistance d’une grave insécurité routière et de la congestion pendant au moins dix ans », prévient la FRTP. Il aurait aussi pour conséquence « une perte de cohérence de l’aménagement urbain du secteur ‘Sud A9’ (future gare TGV, contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier, aménagement de l’avenue de la mer, NDLR) et le report des projets de contournement urbain nécessaires à l’agglomération de Montpellier ». En effet, l’Etat refuse toute connexion des déviations Est et futur contournement Ouest (financement non acquis) à l’actuelle autoroute A9 tant que celle-ci n’est pas dédoublée. « Le vrai enjeu de cette concertation, c’est rendre possible la création d’un périphérique autour de Montpellier », souligne le géographe Jean-Paul Volle.
« Monsieur le président de la République, après 15 ans de tergiversations, il est temps d’agir. Je fais donc appel à votre sagesse et votre responsabilité pour que triomphe enfin le bon sens », écrit « solennellement » Christian Bourquin.
Savamment dissimulées par les promoteurs de l’A9b (la quasi totalité des élus locaux, CCI, FRTP), les circonstances singulières dans lesquelles la DUP a été signée. Cette DUP autorise en effet le même projet qui a fait l’objet, en mars 2006, d’un avis défavorable (à l’unanimité) des commissaires-enquêteurs. Dominique de Villepin, alors Premier ministre, a par ailleurs signé cette DUP entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007, quelques jours avant son départ de Matignon.
Photo : Guillaume Bonnefont.










