La supply chain aéronautique tient la cadence
« Pour l’instant, la supply chain (sous-traitants et fournisseurs, NDLR) tient la cadence », glisse Véronique Decret, de l’Insee Nouvelle-Aquitaine. En partenariat avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley, présidé par Agnès Paillard, l’Insee dévoile le 23/2 les résultats de son étude 2016 consacrée à la filière aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest (ex-MP et ex-Aquitaine). Le secteur regroupait fin 2015 près de 1.100 entreprises employant 130.000 personnes et représentait à lui seul 30 % de l’emploi industriel du territoire. En 2015, la croissance de l’emploi dans la filière s’est poursuivie à hauteur de 2,5 %, et jusqu’à 3,6 % pour la seule supply chain. Une chaîne de sous-traitance qui a vécu une année « sous tension ». Car si son chiffre d’affaires - 11,5 Md€ dans l’aéronautique et 680 M€ dans le spatial - a accéléré sa progression (8,3 %, contre 4,1 % en 2014), la montée en cadence n’a pas été sans générer quelques crispations du côté des sous-traitants, qui ont été amenés à gérer une puissante montée en charge, dans un contexte de forte dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordres. En revanche, certaines craintes ont été écartées. « Fin 2014, on parlait beaucoup des activités d’ingénierie qui allaient subir de plein fouet l’absence de nouveaux programmes aéronautiques, se souvient Jean-Philippe Grouthier, directeur régional de l’Insee Occitanie. Certains prédisaient un effondrement de ces services spécialisés. Mais la catastrophe envisagée n’a pas eu lieu. Sans doute parce qu’une partie des commandes d’ingénierie s’est redéployée, justement, sur l’optimisation de la chaîne de production. » Avec succès, assure Agnès Paillard. « De façon globale, des efforts ont été faits par les donneurs d’ordres pour accompagner la supply chain dans la montée en charge. » Et jusque-là, les fournisseurs semblent jouer le jeu. Reste cependant un risque : celui d'une saturation des capacités industrielles, actuellement chargées à près de 90 %. « On voit bien que c’est un peu limite, commente Jean-Philippe Grouthier. Un petit incident chez un fournisseur peut perturber l’ensemble de la chaîne. C’est un point de vigilance à avoir. Il ne faudrait pas que les entreprises ne puissent pas accéder aux financements nécessaires à l’investissement dans leurs unités de production. » Pour poursuivre l’accompagnement des PME de la filière au niveau national, les grands acteurs de l’aéronautique, fédérés au sein du Gifas, pourraient lancer dès ce printemps un nouveau plan Performances doté de 17 M€ sur 2 ans.










