La rétention foncière menace l'avenir des terres agricoles
En 2030, plus de 20 % de la surface agricole utile française seront libérés par 100 000 agriculteurs partis à la retraite. En Occitanie, 1 million d’hectares devraient être libérés, selon Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la Région. L’association nationale Terre de Liens, qui a présenté son rapport le 22 février, craint que ces surfaces changent de destination. En Occitanie, le danger est surtout celui de la rétention foncière, estime Fabrice Ruffier chargé de développement à l’antenne régionale de l’association. « Lorsque l’agriculteur à qui ils louent leurs terres part en retraite, les propriétaires fonciers font appel à des entreprises de travaux agricoles en espérant qu’à terme leur terrain devienne constructible. »
Promouvoir le zéro artificialisation
Faisant ce pari, les propriétaires rechignent à s’engager auprès d’un nouvel agriculteur pour un bail minimum de neuf ans quand le contrat passé avec une entreprise de travaux agricoles ne dure qu’un an. Selon Fabrice Ruffier, 10 % des terres agricoles de Haute-Garonne seraient concernés par le phénomène de rétention foncière. Pour l’éviter, l’association, qui milite pour le maintien des exploitations à taille humaine, appelle les collectivités à sacraliser les terres agricoles malgré la pression immobilière. « Les élus locaux doivent être convaincus que le zéro artificialisation est nécessaire pour garantir notre sécurité alimentaire », alerte Fabrice Ruffier.










