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Languedoc-Roussillon
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| 18/12/2009

La Région vote le dernier budget du mandat

Georges Frêche l’a annoncé : la réunion du conseil régional, qui s’est tenue ce vendredi matin 18 décembre, sera la dernière avant les élections régionales de mars prochain. Plat de résistance de cette dernière session : le budget primitif 2010, qualifié de « budget à l’offensive » par Georges Frêche, et de « budget électoraliste » par son opposition.

Pour le président sortant, ce dernier budget s’inscrit « dans le droit fil des engagements que nous avons pris et tenus depuis 2004 ». Georges Frêche a vanté son bilan depuis son élection en 2004, depuis les sept lycées neufs, « construits ou en cours », jusqu’à la gratuité des manuels scolaires, en passant par le développement de la politique environnementale, pour laquelle « les crédits ont été multiplié par six », et le développement des ports. « Le budget 2010 (1 104 M€, ndlr) est le double de celui présenté par l’ancien président délégué aux finances de la Région en 2004 », s’est félicité Georges Frêche. Qui a ajouté que les taux d’exécution de ses budgets étaient « compris entre 90 et 94 % », contre « 57 % en moyenne » pour l’équipe Jacques Blanc. « Nos charges de structures sont maîtrisées », a assuré le président du conseil régional. « Notre endettement, naguère le double de la moyenne nationale, est mesuré : nous sommes désormais au 9e rang des Régions les moins endettées, alors que nous sommes en tête en matière d’investissement sur nos compétences centrales ».

La moitié des investissements pour les lycées

Le rapporteur du budget, Christian Bourquin, a poursuivi dans la même veine. Le président PS du conseil général des P.-O. a mis en avant le « désendettement » de l’institution. « L’annuité de la dette ne représente plus que 4 % du budget contre 11 % en 2004 ». Tout en critiquant l’État qui « n’a pas suffisamment compensé le transfert des TOS », et la réforme de la TP « qui nous fait perdre 5 M€ avec la disparition du dynamisme de nos bases », Christian Bourquin a assuré que la fiscalité de la Région, directe ou indirecte, ne bougerait pas en 2010. Il a désamorcé par avance les critiques sur la hausse de la fiscalité régionale, depuis 2004, en affirmant que « sur 100 € d’impôts payés par nos concitoyens, 78 € revenaient à l’Etat, et 2 € à la Région ».

Concernant les investissements prévus dans le budget 2010, « la moitié iront encore aux lycées », a rappelé Christian Bourquin. Avant d’ajouter que sur le plan pluri-annuel d’intervention initial de 1 300 M€, « 900 ont été engagés. Nous abordons maintenant un repli ». Si Georges Frêche est reconduit à la tête de la Région, les investissements seront progressivement reportés sur ses « grands projets » : contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, parcs régionaux d’activités économiques, haut débit, Aqua Domitia.

« Manipulation financière »

Sans surprise, l’opposition a tiré à vue sur le sortant : « Votre présentation omet de rappeler qu’entre 2004 et 2010, la fiscalité a augmenté de 150 € en euros constants », s’est insurgé le président du groupe des non-inscrits, Pierre Becque. « Votre gestion coûte plus cher que la gestion antérieure : les charges de personnel ont été accrues de 53 % ». Il a également dénoncé la « manipulation financière sur le financement des rames TER : avec le jeu du leasing, cet investissement n’est pas pris en compte dans la dette, alors qu’il va peser pendant 40 ans ». Il a appelé la Région à « s’en tenir à ses compétences : les logements sociaux et le plan longévité seniors n’en font pas partie ». Enfin, il a estimé que « Montpellier et son Agglomération ont largement profité » de la manne de la Région, au détriment, notamment, des P.-O., qualifiés de « parents pauvres » des « choix d’investissement régionaux ». Réplique de Georges Frêche : « C’est pour cultiver l’amitité que me porte Mme le maire de Montpellier ! »

Le maire UMP de La Grande-Motte, Stéphan Rossignol, a lui aussi dénoncé l’action du président sortant, des « retards pris dans la construction des lycées » aux Maisons de la Région, à ses yeux inutiles : « Elles coûtent 6 M€ par an. Avec cette somme, nous aurions pu recruter 350 commerciaux pour promouvoir la vente de nos produits à l’étranger ». Réponse de l’intéressé : « Je vous amènerai quand même le tramway jusqu’à La Grande Motte. Vous y faites d’excellentes choses, vous êtes à votre dimension. Vous avez mis cinq ans pour être élu, mais vous tenez le bon bout ».

Deux commissions permanentes auront lieu en janvier et février prochains.

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