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Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 14/09/2009

La Région L.-R va doubler son budget consacré aux logements-sociaux

Georges Frêche, président divers gauche de la Région L.-R., a annoncé lundi matin qu'il se fixe pour objectif de hisser le taux de logements sociaux dans la région de 10,5 % aujourd'hui, à 17 % (moyenne nationale) d'ici à 2020. « Pour faire face aux besoins de logements sociaux, il faudrait en produire 5 500 par an dans cette région, a concédé Gérard Valère, directeur régional de l'Équipement. Or, aujourd'hui, on n'arrive qu'à 3 000 environ. » Georges Frêche soumettra au préfet Claude Baland, qu'il rencontre ce mardi matin en préfecture, un projet de convention d'objectif sur le logement social avec l'État. « En produisant du logement social, on fait baisser le montant des loyers sur le marché libre », a expliqué Fabrice Verdier, élu régional délégué au logement social. La collectivité régionale va ainsi doubler son budget consacré à la construction de logements sociaux. Ce dernier passera à 10 M€ en 2010, contre 5 M€ en 2009.
D'autre part, les élus peuvent désormais sur le nouvel Etablissement Public Foncier (EPF, cf. La Lettre M du 8 septembre), dirigé par Marc Arnaud. 70 % des moyens de l'EPF sont mobilisés en faveur de la production de logements sociaux. L'EPF vise l'acquisition, chaque année, de 80 ha au profit du logement social.
Autres volets de la politique de la Région L.-R en faveur du logement social : financement, jusqu'à 50 %, de la surcharge foncière de certains programmes favorisant la mixité sociale ; réhabilitation énergétique du parc existant, grâce notamment à 10,8 M€ de crédits de l'Europe (Feder) ; les six communes lauréates de l'appel à projets « nouvelles formes urbaines » (concours visant à inciter les maires des petites communes à développer la construction de petits collectifs) seront connues fin novembre ; anticipation des besoins sur l'ensemble du territoire à travers le Sraddt (schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire), qui sera voté le 25 septembre.
Anticiper l'afflux démographique
Cette politique volontariste s'explique par la forte pénurie actuelle : 12 400 demandes de logements satisfaites pour 46 000 demandes exprimées, un parc faiblement doté (115 000 unités), un délai moyen d'attente de 13,5 mois, 80 % des ménages demandeurs ont des revenus inférieurs à 60 % du plafond HLM. Sans compter les enjeux futurs : 700 000 nouveaux habitants sont prévus en L.-R d'ici à 2030, et le besoin prévisionnel est de 340 000 logements supplémentaires. « Nous voulons contribuer à la production de 4 000 à 5 000 logements sociaux par an d'ici à 2015, a déclaré Georges Frêche. De plus en plus de gens ont du mal à payer leur loyer dans le privé, y compris les classes moyennes. Or, on ne peut pas accueillir que des riches. La Région n'a pas la compétence logement social, mais ce n'est pas parce qu'on n'a pas la compétence qu'on ne va pas s'en occuper. Il faut se recentrer sur le social. L'écologie, c'est bien, mais elle n'est ni de droite ni de gauche, elle ne classe pas politiquement. Le social, en particulier le logement, si », a-t-il ajouté.
Les aménageurs privés dans la ligne de mire
Georges Frêche s'est montré très virulent à l'égard des aménageurs privés, concurrents objectifs du nouvel EPF, et des maires travaillant avec eux. « Je demande aux maires de ne pas être trop proches des producteurs privés de terrains. C'est pour ces maires le dernier avertissement sans frais. Les copains de Guipponi (Groupe Guiraudon Guipponi Leygue, aménageur leader régional, qui inaugure ce samedi un nouveau quartier à Jacou, ndlr), prière de devenir plus modéré et de faire gaffe (sic). Mieux vaut être un peu trop honnête qu'un peu trop vérolé. Si certains agissements continuent, la prochaine fois, je donnerai des exemples de maires qui fricotent. C'est fini, la grande époque. On tire un trait sur le passé. Je demande aux acquéreurs privés de s'aligner, sinon ils seront brisés. Nous en avons les moyens. Les temps heureux se terminent. Ils sont aujourd'hui très riches, ils ont de quoi assurer leurs vieux jours, je ne les plains pas. »
Dans une conférence de presse où il s'est attaché à afficher ses convictions sociales, Georges Frêche n'a pas manqué de marquer son territoire avant le vote, le 1er octobre, des militants pour l'investiture du candidat socialiste aux élections régionales. « Certains maires socialistes sont à 3 % de logements sociaux dans leur commune. C'est une honte. Je ne vois pas en quoi ils sont socialistes. Être de gauche, on le porte dans son coeur, pas sur une carte dans son portefeuille. »
L’hirondelle audoise
Se félicitant de l'élection, ce dimanche, du socialiste Jean-Claude Pérez comme maire de Carcassonne, il a ajouté : « Dans l'Aude, une hirondelle ne fait pas le printemps (allusion à la candidature aux primaires socialistes pour les régionales de l'audois Eric Andrieu, assimilée à un début de fronde anti-Frêche, ndlr). La vie est longue. » Interrogé après la conférence de presse sur le même sujet, il a précisé : « Les deux candidats socialistes (Andrieu et Bertrand, ndlr) sont favorables à ce je conduise la liste. C'est la seule chose importante. » Sur le lancement, vendredi, dans la campagne de Christian Jeanjean, maire de Palavas : « La campagne des régionales n'est pas commencée, elle commencera en janvier, d'ici là je n'ai rien à dire. »?« Pas de commentaire », non plus, sur la volonté de Hélène Mandroux de présider Montpellier Agglomération avant la fin de l'année.
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