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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 28/01/2011

La Région augmente ses investissements

Le conseil régional a voté ce matin son budget primitif 2011, qui s’élève à 1 131 M€, en hausse de 2,4 % par rapport au budget précédent. Un budget « d’intervention et d’action », selon le président de la Région, Christian Bourquin, « l’un des très rares en France » à être en hausse, selon lui. Les investissements s’élèvent à 489,1 M€, et progressent de 3,7 % « alors que toutes les régions françaises baissent leurs investissements de 5 % », selon le président de la Région. Il estime que les dépenses de la Région entraînent un « effet levier d’1,2 Md€ pour l’économie du Languedoc-Roussillon ». Les lycées restent le premier poste d’intervention, malgré une légère baisse des crédits du programme pluriannuel d’investissement, qui passe de 152 à 130 M€. Les investissements relatifs aux « grands projets régionaux » s’élèvent à 97,1 M€ (+ 41,3 M€, voir ci-contre). Le budget consacré au tourisme passe de 15 à 22,5 M€. La Région augmente également de manière sensible son budget voué au logement social, qui passe de 10 à 20 M€. Autre action majeure du budget 2011 : la mise en place du cartable numérique à la prochaine rentrée (15 M€). La Région engage par ailleurs 40 M€ en autorisations de programme pour le Musée régional de la romanité, à Narbonne, dont les études seront lancées.

« Liés et dépendants »
Au total, 79 % du budget d’intervention de la Région est consacré aux compétences obligatoires, dont 239,6 M€ pour les transports et la communication (dont 195 M€ pour le ferroviaire, les ports, les aéroports), 219,6 M€ pour l’Education, et 200,1 M€ pour la formation. Par ailleurs, 55,9 M€ du budget est consacré aux charges de structure, 40,5 M€ au personnel, 73,3 M€ au personnel décentralisé (Tos et ports) et 45,7 M€ à la charge de la dette. Soit 4 % des dépenses totales, ce qui traduit « un faible endettement », selon le rapporteur du budget, Didier Codorniou. Le budget vise une exécution de 94 %.
719,7 M€ des recettes de la collectivité proviennent des dotations et des dotations fiscales. Avec la suppression de la taxe professionnelle et le transfert de la part régionale de la taxe foncière aux conseils généraux, « La Région ne dispose plus de resssources fiscales directes », a rappelé Christian Bourquin, qui dénonce une « rupture dans l’autonomie des collectivités territoriales » : « Nous sommes totalement liés et dépendants. Les seules recettes fiscales qui nous restent sont des recettes indirectes liées à l’automobile. Les recettes du budget régional sont contraintes et aussi peu dynamiques que possibles alors que les besoins de notre territoire ne sont pas prêts de décroître, avec l’augmentation de la population ».
« Fiscalement injuste »
Sans surprise, les communistes (apparentés), les socialistes (apparentés), les radicaux de gauche et les écologistes (tendance Pietrasanta) ont dit tout le bien qu’ils pensaient du projet de budget avant de le voter (44 voix pour). L’opposition a pris pour cible plusieurs des projets-phares du mandat : le centriste Pujol s’est demandé s’il était « utile de dépenser 40 M€ » pour le musée de la romanité, préconisant plutôt le recours au PPP et au mécénat. France Jamet, Front national, qui dénonce la « continuité dans la dérive budgétaire », avec « l’explosion », selon elle, « des charges de structure », et l’« augmentation de la dette », a qualifié pour sa part de « mesure profondément anti-sociale » le financement d’un ordinateur pour tous les lycéens, qui « consiste à redistribuer l’argent pris aux pauvres avec la TIPP ». Le président du groupe UMP, Stéphan Rossignol, a trouvé quant à lui le budget « dispersé » « inefficace » et « fiscalement injuste », après avoir brossé le portrait d’une région qui figure « parmi les dernières ». « Vous nous assénez des projets dont vous ne maîtrisez ni les tenants, ni les aboutissants, en brandissant des autorisations de programmes par dizaines de millions, alors que, dans le même temps, des secteurs essentiels, comme celui du tourisme ou du soutien aux entreprises, sont réduits à la portion congrue », a lancé le maire de La Grande-Motte, qui a proposé un contre-budget.
Réplique de Christian Bourquin à ses contradicteurs : « Je ne fais que mettre en œuvre ce pour quoi nous avons été démocratiquement élu. Si ça va aussi mal, comment allez vous continuer à être le maire d’une commune touristique qui se développe, M. Rossignol. Vous oubliez de repérer ce qui est bien, pourquoi voulez vous que ce soit mal ? » À l’intention du maire UMP de Prades, Jean Castex, conseiller régional et conseiller, depuis peu, de Nicolas Sarkozy à l’Elysée : « Ne vous en faîtes pas, M. Castex, vous avez beau vouloir vous en imprégner. Moi j’y suis. Vous, vous êtes à l’Elysée, vous êtes prisonnier là-bas ».
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