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Languedoc-Roussillon
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Viticulture
| 14/01/2011

La profession inquiète de la suppression des droits de plantations

La fédération des syndicats d’appellations viticoles du sud de la France tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences de la disparition des droits de plantation décidée par la commission européenne pour le 1er janvier 2016. Son président, également président de l'appellation Minervois, Philippe Coste (photo), annonce que « les appellations de la région se sont positionnées sur la nécessité d’une régulation de l’offre avec le maintien des droits de plantation, la maîtrise de la production ».
Réunion à Narbonne
Présent jeudi 13 janvier à Narbonne pour rencontrer l'ensemble des présidents de syndicats d'appelllation de la région, et entamant un tour de France pour sensibiliser la profession viticole, Pascal Bobillet-Monnot, directeur de la confédération nationale des vins à AOC rappelle que « depuis 80 ans en France et 40 ans en Europe, un producteur qui veut planter doit justifier de débouchés économiques. Sans ces droits de plantation, on va pouvoir planter n’importe où sur le territoire, dans des départements non viticoles ou dans des pays d’Europe centrale où les coûts de production sont beaucoup plus faibles. Il faut que le président de la République s’exprime publiquement sur ce sujet car son avis est susceptible d’entraîner d’autres pays membres de l’Union européenne producteurs viticoles à prendre position contre la suppression des droits de plantations. Pour l'instant, seule l'Allemagne a demandé la réintégration des droits de plantation. Le ministre de l'agriculture français s'est pour l'instant exprimé dans ce sens devant le Parlement. ».
Equilibre menacé
En Languedoc-Roussillon, l’aire géographique des AOC est de 342 000 ha. Pour l’instant, 60 000 ha sont plantés. Cela signifie que 282 000 ha devraient devenir libres à la plantation à partir de 2016. Selon Philippe Coste, cette libéralisation menace la « dimension familiale » de la viticulture avec le risque de voir arriver des investissements en masse. Cela menacerait également la politique de qualité mise en place. « On doit pouvoir s’auto-gérer », estime Xavier de Volontat, président du syndicat de l’appellation Corbières. « Nous sommes dans des situations fragiles. Il nous faut un outil de régulation pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande et éviter les fluctuations ». Sur les 12 000 ha qui peuvent être déclarés en Corbières, 15 000 ha sont plantés. Dans le Minervois, sur les 12 000 ha classés, 8 000 ha sont plantés et 4 000 ha revendiqués en AOC.
Au niveau national, sur les 1,67 M ha déclarés aptes à être plantés en AOC, 464 800 ha le sont. « Cela signifie que 1,09 M ha vont devenir libres à la plantation en 2016. Or on sait qu’une augmentation de plus de 2 % est susceptible de menacer l’équilibre de la production ».
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