Suite à l’annonce faite par Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul Valéry- Montpellier 3, de se désengager du projet d’initiative d’excellence, et voir de l’opération Campus, le directeur général délégué du plan Campus, Patrick Tondat, se dit « inquiet » pour la dotation de Campus. « Montpellier 3 avait le mérite de mettre de l’huile dans les rouages. Comment l’Etat va-t-il réagir à ces propos ? », s’interroge-t-il. « Il n’y a pas d’instance de gouvernance au sein du Pres », poursuit-il. « Il faut créer un bureau avec les trois présidents d’université et la présidente du Pres notamment pour l’opération Campus qui est de l’opérationnel. » Selon le directeur général, le droit de veto, utilisé alternativement par les présidents des universités, empèche toute décision de se prendre. « Nous avions monté un dossier de demande de financement intermédiaire de 34 M€ auprès du ministère pour le plan Campus. Nous n’aurons que 12M€, soit la plus faible dotation en raison de ces problèmes de gouvenance ». Le premier partenariat public-privé aurait dû être signé en septembre. « Je proposerai lors du comité de pilotage Campus prévu en décembre un PPP de 140 M€ sur Montpellier 2 et 3 avec notamment le projet Atrium », indique-t-il.
Mandroux et Moure au secours de Campus
Dans deux communiqués distincts, publiés cet après-midi à quelques minutes d’intervalle, le maire de Montpellier, Hélène Mandroux, et le président par intérime de l’Agglo de Montpellier, Jean-Pierre Moure, ont exprimé leur inquiétude. Pour Hélène Mandroux, qui qualifie « l’évolution du projet Campus de Montpellier » de « très préoccupante », « les prises de position des uns et des autres peuvent marquer définitivement un coup d’arrêt aux ambitions que porte ce projet pour l’avenir de l’enseignement supérieur dans notre région ». Elle ajoute que « cette situation est d’autant plus regrettable que lors de la présentation de la candidature Campus, les trois universités monptelliéraines s’étaient engagées à fusionner ; c’est cet argument qui avait, in fine, emporté la décision du ministère de retenir le site de Montpellier ». Elle ajoute qu’elle va s’« atteler à (…) réunir » tous les « acteurs, universiatires, économiques et politiques de Montpellier (…) afin que nous puissions prendre ensemble les bonnes décisions pour l’avenir de ce projet capital pour Montpellier et sa région ».
De son côté, le premier vice-président de Montpellier Agglomération et président par intérim, Jean-Pierre Moure, estime que « notre territoire ne peut pas se permettre de refuser une telle opportunité, sauf à accepter de le priver du meilleur de ses atouts et à grever irrémédiablement son développement pour les prochaines décennies ». Il a, de son côté, écrit au préfet et au recteur et aux président des universités pour les « réunir le plus rapidement possible pour parvenir dans la concertation à une solution responsable et résolue ».