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Languedoc-Roussillon
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Transports - Logistique
| 24/11/2020

La logistique urbaine à l'heure du e-commerce

Black Friday, achats de Noël et cette année Covid-19… Si les changements de consommation et la crise sanitaire dopent actuellement le commerce en ligne, ils ne sont pas non plus sans effet sur les acteurs de la filière logistique. Cette dernière s’adapte à son tour, et innove, pour apporter un service plus qualitatif et vertueux. Depuis dix ans, la logistique urbaine et la livraison du dernier kilomètre enregistrent une croissance annuelle d'activité estimée à 10 %. Cette année, La Poste s’apprête à distribuer en Occitanie neuf millions de colis entre novembre et décembre. Pour y parvenir, elle vient de boucler le recrutement de cinq cents saisonniers. À Perpignan, Gilles Andrieu, directeur opérationnel, témoigne : « Nous enregistrons déjà plus de 10 000 colis distribués en novembre, soit 30 à 40 % de plus qu’à la même période l’an dernier. Pour faire face à ce pic de trafic, nous avons renforcé nos équipes de cinquante CDD supplémentaires. Nous avons aussi réservé, dès cet été, des camions de 20 m3 et d’autres véhicules plus légers supplémentaires auprès de loueurs. »
Même constat chez les conciergeries connectées et les coursiers. « Les expéditions et récupérations de colis en point relais ou en click and collect dans les commerces progressent fortement », note Véronique Viffry, dirigeante de la conciergerie Amaplace (Montpellier). « Avocats, architectes mais aussi fromagers et restaurateurs pratiquent désormais le click and collect. Ils se sont ajoutés aux particuliers qui représentent 80 % de notre clientèle. Note activité est en hausse de 10 % », indique Vincent Robillard, cofondateur des Coursiers Montpelliérains.

Stockage urbain et transport décarboné
Très coûteux, le dernier kilomètre représente 20 à 50 % du coût total de la chaîne logistique. Pour les entreprises de transport, l’enjeu est de disposer de plateformes de stockage au plus près des consommateurs. À Montpellier, La Poste dispose de deux plateformes, à Près d’Arènes (1 000 m2) et Rondelet (350 m2), d’où les colis transitent ensuite par vélo cargo en centre-ville dans un souci de désengorger l’espace urbain avec un mode de transport décarboné. Chez le montpelliérain Services Ecusson Vert, les salariés testent un robot mobile, développé par le lotois Twinswheel qui assure le service de livraison en ville (100 kg, 14 km/h). « Nous achetons la marchandise avec une remise de 25 %. Cela nous permet de payer la livraison avec des véhicules non-polluants et de nous rémunérer », explique Tom Vea, co-fondateur de la plateforme Fraichy, qui teste aussi ce robot.

Tout dépend pour qui on livre, tempère quant à lui Steve Mangin, dirigeant de Léa Logistique (Rivesaltes) : « Lors du premier confinement, notre activité s’est accrue de 40 %, nos clients ayant besoin de stock. Aujourd’hui, l’activité est ralentie car les magasins sont fermés. Nous sommes passés de huit à deux camions de livraison par semaine pour une enseigne d’ameublement locale. Preuve que le e-commerce a ses limites, estime-t-il. J’attends décembre et les achats de Noël. Mes équipes sont déjà averties de leur mobilisation pour faire face à l’afflux des besoins logistiques. »

La rédaction
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