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| | 13/06/2007

La ligne ferroviaire à grande vitesse Perpignan-Figueras seule au monde…

Le consortium privé TP Ferro (ACS, Dragados et Eiffage TP), qui réalise en ce moment la ligne ferroviaire mixte (fret et passagers) transfrontalière à grande vitesse Perpignan-Figueras pour une mise en service en février 2009, a demandé aux autorités espagnoles une rencontre d’urgence, après que ces dernières ont annoncé le 8 juin trois ans de retard (2012 au lieu de 2009) dans la livraison de la liaison à grande vitesse entre Barcelone et Figueras, apprend-on auprès de Ramon Conde, directeur de la communication de TP Ferro.Cette réunion devrait se tenir fin juin. « Nous n’avons aucune autre information à communiquer pour l’instant », a-t-il précisé.TP Ferro devrait demander une renégociation du contenu du contrat de concession (conception, construction, maintenance et exploitation). La perspective d’isolement de cette ligne à grande vitesse de 44,4 kilomètres qui pèse 952 millions d’euros, risque d’obérer sa rentabilité entre 2009 et 2012. Côté espagnol, la future ligne ne pourra en effet être relayée par le réseau existant, pour des raisons d’écartement de rails.Le ministère des Transports espagnols invoque pour ce retard la réalisation coûteuse (214 millions d’euros) et complexe de deux tunnels urbains, à Gérone et surtout Barcelone, où l’ouvrage passera sous la cathédrale de la Sagrada Familia. « Les travaux démarreront fin 2008 et dureront 32 mois », indique le communiqué.

Madrid pointe les retards côté français

Autre version : les retards pris par la France dans la réalisation d’une liaison à grande vitesse entre Nîmes et Perpignan (environ 200 kilomètres) exaspèrent Madrid. « Il est évident que la connexion avec la frontière française est une priorité mais elle ne doit pas nous faire oublier qu’il est très important que la France accomplisse sa part de travail, à savoir la liaison Perpignan-Montpellier dont le tracé a été arrêté dès 1995 », a déclaré mardi Pedro Solbes, ministre de l’économie, sur la radio espagnole Cadena Ser.Certains décideurs espagnols accusent même Paris de bloquer la réalisation de ce ‘chaînon manquant’ entre Bruxelles et Madrid pour freiner les échanges commerciaux entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe.Mis en service en juin 2001, le TGV Méditerranée s’arrête en Languedoc-Roussillon à Nîmes. Le contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier, déclaré d’utilité publique en mai 2005 et chiffré à 1,4 milliard d’euros, n’a toujours pas son plan de financement. L’appel d’offres européen devrait être lancé « à l’automne », selon Gérard Maurice, président de la Fédération régionale des Travaux Publics.La portion restante, entre Montpellier et Perpignan, fera l’objet d’un débat public à la fin 2008 et d’après la direction régionale de RFF (Réseau Ferré de France), sa mise en service n’est pas envisageable avant 2020 « si toutes les étapes administratives sont franchies normalement ».H.V.

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