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Gard / Hérault
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Tourisme - Loisirs
| 25/01/2017

La librairie Sauramps en passe d’être reprise par L’Armitière

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. La librairie Sauramps (140 salariés dans l’Hérault et le Gard) est en difficultés financières.
. L’Armitière (Rouen) est le seul repreneur en lice.

À Montpellier, la librairie Sauramps, dont le vaisseau-amiral est niché au Triangle, à deux pas de la place centrale de la Comédie, est une institution depuis 70 ans. L’amoureux de livres peut glaner quelque 111.000 références (littérature, sciences humaines, manuels scolaires, tourisme…) sur cinq niveaux, agencés de façon tarabiscotée. La 6e librairie indépendante de France (131 salariés, pour un chiffre d’affaires de 26 millions d’euros) s’est déployée rapidement depuis le début des années 2000, avec la création de plusieurs surfaces de vente : Polymômes, musée Fabre et Odysseum à Montpellier, ainsi que Sauramps en Cévennes à Alès, ainsi qu’un entrepôt logistique loué à Mauguio (Hérault). Ce plan de développement est intervenu à contre-courant, sur fond de crise du marché du livre, et au détriment de la réfection du bâtiment du Triangle. « La verrière fuit à chaque fois qu’il pleut, et la librairie ne répond pas aux normes d’accessibilité aux handicapés. Il faut investir 1 million d’euros », détaille Julien Domergue, délégué syndical Sud et membre de la délégation du personnel. Résultat des courses : une désaffection du public, et un chiffre d’affaires en repli « de 6 % à 7 % pour la librairie principale (le Triangle à Montpellier, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires) pour l’exercice en cours ». Sauramps affiche en outre des pertes sur les huit derniers exercices. « Nous avons un problème de rentabilité », concède Jean-Marie Sevestre, PDG et actionnaire, aux côtés de Jean-Luc Bonnet et Caroline Wodiczko. Acculés, les dirigeants cherchent à vendre. Après plusieurs mois de tractations, la librairie L’Armitière (40 salariés, 8 millions d’euros de chiffres d’affaires), basée à Rouen, est seule en lice, après que La Maison du Livre (Rodez) a jeté l’éponge. Une trentaine de salariés, favorables au projet de La Maison du Livre, a manifesté son inquiétude, mardi matin, à l’ouverture de la librairie. « L’idée que Sauramps ne soit pas repris ne nous a pas effleurés ! », s’exclame Jean-Marie Sevestre. Julien Domergue déplore « un climat social détestable. Plus personne n’a confiance dans les choix qui peuvent être faits par Jean-Marie Sevestre, du fait de la trop longue période d’incertitude, et de 8 licenciements économiques déjà prononcés ». De son côté, Matthieu de Montchalin, patron de L’Armitière, envisage de créer dans la librairie du Triangle « un plateau de 1.300 m2, où sera regroupée la librairie générale. L’équipement actuel n’est plus au goût du jour en librairie, avec trop de demi-niveaux morcelés ». Ce projet de refonte immobilière sera « mobilisateur pour les équipes ». Point plus sensible : la renégociation du loyer, jugé excessif, de l’établissement (35 salariés) ouvert en 2009 dans la zone commerciale d’Odysseum, exploitée par Klépierre. « Klépierre a l’habitude de négocier avec des enseignes qui dégagent 60 % de marges, et non pas 30 % comme les librairies. Reste à savoir si cette foncière veut sortir du tout-textile à Odysseum, pour continuer à diversifier son offre. » Une façon de rappeler que « le ratio d’une librairie, ce n’est pas celui d’un Zara ou d’un H&M ».

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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