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Gers
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Agri - Agro
| 18/12/2020

La filière foie gras n’est pas à la fête

Jusqu’au bout, l’année 2020 n’aura pas été tendre avec les producteurs de foie gras. Alors qu’ils subissaient déjà la fermeture des restaurants, ils terminent 2020 avec le spectre de la grippe aviaire, détectée aux portes de l’Occitanie, dans les Landes.
Observée dès le mois de novembre dans le nord de l’Europe (Danemark, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande), la grippe aviaire est arrivée en France en décembre avec des premiers foyers identifiés en Corse et dans les Yvelines. Au 16 décembre, ce sont au total cinq foyers d’influenza aviaire hautement pathogène qui étaient constatés en France, et notamment trois élevages dans les Landes, à quelques kilomètres du Gers. Une nouvelle inquiétude pour les producteurs de foie gras de la région Occitanie, déjà affaiblis par la crise de la Covid-19.

Les fêtes de fin d'année comme dernier espoir

Les restaurants, toujours fermés, ont amputé de 60 % les débouchés des producteurs, qui comptent cependant sur les fêtes de fin d’année pour relancer la consommation. Selon une étude menée par le CSA et diffusée par le Cifog (interprofession du foie gras) le 18 décembre, 91 % des Français se disent consommateurs de foie gras et 78 % estiment qu’il s’agit d’un produit « incontournable » pour Noël. Par ailleurs, 86 % des interrogés affirment nécessaire d’acheter du foie gras pour soutenir les éleveurs.
Si les sondages et les deux week-ends prolongés de Noël et du nouvel an ouvrent une lueur d’espoir, 2020 restera quoi qu’il en soit une année noire pour la filière foie gras. En octobre, la production (nombre d’abattage de canards gras) avait reculé de 10 % sur un an, selon les statistiques du ministère de l’Agriculture, et les producteurs envisageaient déjà en novembre dernier de diminuer leur production de 15 %, pour rester cohérents avec la demande en retrait. Même si les derniers jours de l’année devaient enregistrer un regain d’intérêt, le compte ne devrait pas y être pour les producteurs de foie gras, car la filière et la distribution ont mis en place des opérations de promotion offensives (à nouveau autorisées malgré la loi Égalim). De quoi limiter la casse, mais pas l’éviter.

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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