La FFB « sent un frémissement »
« On sent un frémissement. » Thierry Ducros, président de la FFB 34, a fait part d’un relatif optimisme sur la situation du bâtiment dans l’Hérault, après une crise « longue et violente, avec 20 % de baisse des effectifs », entre 2008 et 2015. Au niveau national, le bâtiment connaît en 2017 une croissance de 4 % au niveau national. « En 6 mois, la durée des carnets de commandes des entreprises a été augmentée de trois semaines. Le frémissement est là, il faut concrétiser. Le frein pourrait être trouver les salariés. »
Le secteur emploie 18.000 salariés dans l’Hérault.
Lors des Assises du bâtiment, ce 19/10 au siège du Crédit Agricole du Languedoc à Maurin, la FFB tient une réunion sur le thème « Le bâtiment, au cœur de la reprise ? » Les députés de l’Hérault y seront interpellés « pour qu’ils déposent des amendements » allant dans le sens de la filière et des spécificités du territoire. Pour le Département, Jean-François Soto, maire de Gignac, évoquera les projets en zone rurale et les investissements dans les marchés d’entretien ; pour la Métropole de Montpellier (3M), Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, détaillera une initiative qu’il a lancée dans sa commune, pour aider la population à rénover les façades de ses maisons. Il livrera les perspectives d’investissement de 3M dans le bâtiment. Pour la Région Occitanie, Christian Assaf abordera l’évolution du plan Marshall, et le rôle de la Région pour débloquer des dossier en souffrance dans certaines intercommunalités. Deux chefs d’entreprise témoigneront de leurs difficultés de recrutement sur des postes en CDI (conducteurs de travaux et ouvriers de production). « Depuis 2010, le CFA du bâtiment de Montpellier a perdu 50 % de ses effectifs, lesquels sont passés de 900 à 500 apprentis, explique Thierry Ducros. Le bâtiment a une image positive, mais peu de parents d’élèves orientent leurs enfants vers nos métiers. C’est un paradoxe sur lequel nous allons travailler. Le bâtiment est l’un des plus beaux ascenseurs sociaux en France. On peut y commencer apprenti et finir chef d’entreprise. Peu de secteurs permettent ça. Sans compter la part que le secteur représente dans la richesse du pays : 6 % du PIB national. »
D’autant plus que la filière du bâtiment est concernée par la transition numérique. « On ne voit plus que des tablettes numériques sur les chantiers. Il n’y a presque plus de plan papier. L’arrivée du Bim (maquette numérique, NDLR) va accélérer les choses. Il faut faire tomber cette image de la bétonnière et de la brouette. Les véhicules sont équipés d’outils modernes et compétitifs. Il y a des lasers pour tracer les cloisons et mettre en place les faux plafonds. Nos métiers sont en pleine mutation ! On a besoin d’expliquer cette réalité. »
Clause d’insertion sociale et formation des jeunes. Dans la convention de bonnes pratiques signée avec 3M, la FFB 34 a mis « sur le même pied l’insertion sociale et la formation des apprentis dans les entreprises ».
Bailleurs sociaux : « moins de réserve foncière ». La FFB va « essayer de jouer le rôle de médiateur entre le logement social et le ministère de la Cohésion des territoires. Le logement social représente 12 % de l’activité du bâtiment. Notre crainte, c’est qu’avec les restrictions budgétaires, les bailleurs sociaux n’assurent plus l’entretien des bâtiments. La trésorerie des offices HLM s’élève à 11 Md€. Les offices les utilisent pour acquérir des terrains potentiellement constructibles. Ça fait beaucoup d’investissements à long terme. Cette manne des bailleurs sociaux doit aussi aller vers la construction, et pas que dans la constitution de réserve foncière. »
Loi Logement : les plus et les moins. « Il y a de bonnes perspectives : la purge normative, le Bim qui fait entrer les entreprises dans le 21ème siècle, la cession de biens publics, les restrictions des recours. Mais nous considérons totalement injuste l’impôt sur la fortune immobilière. On craint de voir arriver sur le marché une vague de logements à vendre, qui risquent à la fois de faire chuter les prix, et aussi de bloquer les constructions. Les investisseurs risquent de se retourner non pas vers le neuf, mais vers ces biens existants dont les prix pourraient être en-dessous du marché. »
Espoirs sur le marché de la rénovation énergétique. « Pour l’instant, ce marché est toujours en-dessous des espoirs qu’on avait fondés. Peu de donneurs d’ordres se lancent. Mais la lutte contre les passoires thermiques semble être une préoccupation du gouvernement. Côté écologique, c’est positif. Ça l’est aussi pour les entreprises du bâtiment, car cela injecterait de l’activité pour les entreprises, et de façon immédiate : isolation, nouveaux chauffages, remplacement de menuiseries. »
Non aux PPP (partenariats publics-privés). « Marseille : a lancé hier un PPP pour 1 Md€ pour la rénovation et la construction de 60 écoles. C’est un projet très important. Le voir passer en PPP n’est pas une bonne nouvelle, car c’est limiter le marché à de grosses entreprises. Au final, cela va tirer les prix du bâtiment à la baisse, car ces grands groupes doivent assurer un niveau de rentabilité. Je ne souhaiterais pas que ce type de projets fasse des émules dans l’Hérault. »










