La FFB condamne le recours abusif aux réseaux de sous-traitants étrangers
Alors que se déroule, ce vendredi 2 juillet, l’assemblée générale de la Fédération Française du Bâtiment de l’Hérault, Fabrice Oger, directeur régional d’Eiffage Construction L.-R. (400 salariés, CA 2009 : 82 M€), annonce la couleur en fustigeant la « concurrence légale mais non sociétale et non sociale » de réseaux de sous-traitants faisant appel à de la main-d’œuvre étrangère.
« Le plan de relance économique mis en place par le gouvernement et relayé par les collectivités a pour but de maintenir ou de créer de l’emploi, déclare-t-il à La Lettre M. Or, en 18 mois, la filière du bâtiment en L.-R. est passée de 75 000 à 60 000 salariés. L’Etat fait un plan de relance, mais il sert au Pôle emploi de Vilnius (Lituanie), Timisoara (Roumanie) ou Sofia (Bulgarie). Allez sur le chantier du quartier Ovalie à Montpellier, vous ne verrez que des voitures immatriculées à l’étranger. La Grande Salle s’est construite avec des Lituaniens (filière utilisée par Fondeville, ndlr). »
Explication : « L’appareil de production s’est quasiment arrêté en Espagne et en Angleterre. Dans ces pays, le volume préalable à la crise était tel qu’il y avait un fort recours à la main-d’œuvre étrangère. Les sociétés d’intérimaires qui les emploient se rabattent sur la France et pratiquent des taux préférentiels. Les écarts de prix entre ces sociétés et les nôtres sont énormes : 27 €/heure (charges incluses) pour nous, 19 € pour ces sociétés. »
Fabrice Oger ne masque pas son désarroi : « On ne sait plus à qui s’adresser. J’en ai déjà parlé au député Robert Lecou, aux services de la Direccte, en vain. La Direccte semblait surtout préoccupée par sa réorganisation interne, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. »
Le boss d’Eiffage Construction L.-R. conclut par une précision juridique : « Si la société vend des services d’intérim, elle est dans ses droits. Si elle transforme cette prestation en contrat de sous-traitance, c’est du délit de marchandage. Nous ne voulons pas vivre dans le bâtiment ce que vit aujourd’hui le secteur du transport routier. »










