La CRC pointe le déficit structurel des clubs professionnels de rugby d’Occitanie
« Un modèle économique structurellement déficitaire dans son exploitation et dont l’équilibre financier dépend fortement des apports en capital des actionnaires privés », résume la Chambre régionale des comptes Occitanie dans un rapport récent relatif à la gestion des clubs professionnels de rugby d’Occitanie sur les saisons sportives 2017-2018 à 2022-2023. Les contrôles de la juridiction financière ont concerné sept clubs : quatre évoluant en Top 14 (Stade toulousain, Montpellier, Perpignan et Castres) et trois en Pro D2 (Béziers, Montauban et Colomiers). Premier constat de ce rapport : leur déficit structurel d’exploitation.
Le Stade toulousain bon élève
Hors crise sanitaire, ce dernier s’est creusé entre les saisons 2018-2019 et 2022-2023. « Il est passé, par exemple, de - 429 k€ à - 1,4 M€ pour l’Usap (Perpignan), de - 4,1 M€ à - 5,9 M€ pour le MHR (Montpellier) et de - 5,6 M€ à - 6,7 M€ pour Castres Olympique », constate la CRC. À l’inverse, malgré une augmentation de ses charges d’exploitation de 12 M€ depuis la saison 2018-2019, « le Stade toulousain est le seul club de Top 14 de l’échantillon à présenter un excédent d’exploitation de 2,4 M€ en 2022-2023. » Son chiffre d’affaires de 47 M€ a progressé d’un tiers depuis la saison 2018-2019 et représente deux à trois fois celui des autres clubs de l’échantillon retenu, selon ce rapport. « Cette situation s’explique par la succession de très bons résultats sportifs, qui contribue à son attractivité, mais aussi par la diversification de ses sources de revenus, qu’il a pu développer en tant que propriétaire de ses installations », observe la CRC.
Actionnaire privé majoritaire
« Dès lors, c’est la pérennité même du modèle économique des clubs qui est posée, poursuivent les auteurs du rapport. Leur soutenabilité financière dépend très souvent et parfois essentiellement d’un actionnaire privé majoritaire. » Ce dernier peut en effet détenir entre 95,9 % et 99,9 % du capital, comme c’est le cas pour le MHR, l’Usap ou Castres Olympique. La CRC évoque également les financements publics attribués aux différents clubs. « En ce qui concerne le secteur professionnel, les aides publiques sous forme de subventions et d’achat de prestations de services pèsent pour moins de 10 % dans les produits d’exploitation de la société commerciale dans la majorité des situations, constate-t-elle. Elles ont toutefois pu s’élever entre 2,3 M€ et 3 M€ par saison sportive pour le club professionnel de Montpellier. La mise à disposition par les collectivités, à des conditions avantageuses, du stade et de ses installations afférentes constituent également des aides indirectes. » De fait, selon la CRC, « la redevance exigée en contrepartie apparaît modique au regard de la valeur locative du bien, des coûts d’entretien pour la collectivité propriétaire ou encore du chiffre d’affaires généré pour le club. Elle représente à peine 1 % des produits d’exploitation des clubs du Top 14 examinés. »











