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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 8/06/2011

La coopérative Plaine du Roussillon impactée par la crise du concombre

Ce matin, Hermeline Malherbe présidente du conseil général des P.-O., et Michel Guallar, président de la Chambre d’agriculture du Roussillon, sont allés à la rencontre de la coopérative Plaine du Roussillon (Groupe Saveur des Clos) présidée par Manuel Rupérez, impactée par la crise du concombre.
« Notre production de concombre atteint 4 000 tonnes, soit un CA de 4 M€ » indique Manuel Rupérez, alors que six des salariés de la coopérative (80 salariés en pleine campagne) sont occupés à vider les caisses de concombres dans deux bennes issues des productions de la coopérative et de celle du groupement Agrisud (les deux entités couvrent 70 % du marché local).
150 tonnes jetés chaque semaine
« Nous jetons depuis la crise 150 tonnes de concombre par semaine soit une perte financière de 250 000 €, poursuit-il. Par rapport à la sécheresse qui touche certaines zones, comme l’Aveyron, nous sommes prêts à faire les efforts nécessaires à travers une action symbolique entre agriculteurs. Il ne s’agit pas de faire du profit, mais de rendre service. » Il se dit « prêt à mettre la main à la poche, à condition que des solutions logistiques soient trouvées avec l’appui de l’Etat et les collectivités. » Celui-ci craint, si le marché ne se débloque pas, de devoir mettre au chômage technique des saisonniers, sachant que le pic de production va du 15 avril au 15 août. Actuellement, les ventes concernent 10 % de la production vers la grande distribution. « Toutefois, on assiste à un nouveau phénomène : des grossistes qui avaient pour habitude de se fournir en Hollande ou au Benelux reviennent vers nous », note Jean-Pierre Cattin, directeur général de Plaine du Roussillon. Pour Manuel Rupérez, « il faut valoriser le produit français. Depuis ces dernières années on vivote. » Pierre Estève, conseiller général, s’inquiète « de la psychose suscitée par les annonces des médias. Il faut la stopper et trouver des moyens pour rassurer les consommateurs en s’appuyant sur des animations avec les Toques Blanches, l’association Tourisme de Terroir... »
150 M€ proposées par l’Europe
Pour venir en aide à la filière, « la commission européenne a décidé de mettre 150 M€ sur la table. Le chiffre exact dépendra des pertes qui seront faites dans les pays », indique dans un communiqué la députée européenne Maïté Sanchez-Schmid. Dans la proposition actuelle, l’indemnisation s’élèverait à 30 % de la valeur perdue, calculée sur la moyenne des prix aux mois des juin des années 2007, 2008, 2009 et 2010 ». Selon elle, « c’est un début, mais ce n’est pas suffisant : la commission présentera d’ailleurs demain une augmentation de ce montant… Je veillerai à ce que les fonds mis à dispositions soient versés aux bénéficiaires dans notre région le plus rapidement possible. » Manuel Rupérez s’inquiète de la complexité des dossiers européens et note au passage qu’au-delà des pertes financières pour les producteurs, la production de concombre dans les P.-O. représente 500 emplois. Pour le rassurer, Michel Guallar, président de la Chambre d’agriculture du Roussillon, annonce que « le préfet demande un bilan d’activité hebdomadaire des producteurs dans l’objectif de déclencher les aides le plus vite possible. » « C’est la première fois que nous vivons un tel épisode et c’est aussi la première fois que la gestion de la crise se fait dès le début de la campagne », souligne Jean-Pierre Cattin, saluant la démarche du préfet et la mobilisation des élus.
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