La construction de 4 000 logements gelée dans les Pyrénées-Orientales
« Le PGRI (plan de gestion des risques inondation, NDLR) rend inconstructible un quart des fonciers préalablement définis comme des zones futures d’urbanisation par les PLU (plans locaux d’urbanisme, NDLR). La construction de 4 000 logements est gelée dans le département », pointe Grégory Namiech, directeur de l’agence Nexity à Perpignan, lors de la conférence sur « la résilience face aux risques inondation est l’avenir de nos communes », organisée par le Cobaty Perpignan le 7 novembre à Sainte-Marie-la-Mer. L’aménageur fait part de ses craintes pour l’économie du BTP et du territoire qui attire 3500 nouveaux habitants par an. « La carte du PGRI - qui prend en compte le risque inondation, submersion marine, ruissellement - ajoute des contraintes », confirme Jean-Paul Billès, président du Scot Plaine du Roussillon, en cours de révision. Des projets sont déjà impactés au Barcarès, Saint-Cyprien, Saint-Estève, Millas, Claira, Saint-Hippolyte, Elne, Torreilles…
Un urbanisme de l’eau
Pourtant, « un urbanisme de l’eau est possible », atteste Henry de Dreuzy, gérant de l’agence Babylone (Paris) dédiée au paysage, à l’urbanisme et à l’environnement. L’agence a réalisé de nombreux projets dans l’Hexagone comme à Strasbourg, où 1 400 logements sont érigés sur une Zac inondable de 55 ha grâce à la construction sur pilotis et la création d’un étang. Ailleurs, l’agence a joué sur la transparence hydraulique, un pont flottant, un parvis transparent en bois, des bassins gravitaires… « Le risque inondation ne doit pas nous faire culpabiliser ! », clame l’architecte Rudy Ricciotti (Bandol, 83) qui propose déjà des toitures en canopée, des fontaines, des ponts offrant une porosité hydraulique, des constructions sur pilotis… « Les projets de Saint-Cyprien et du Barcarès sont plantés par une incapacité à s’adapter à la culture méditerranéenne et lacustre par manque d’idées et de désirs », conclut l’architecte.
« Au moment où l’ensemble des règles se durcissent et où les montages d’opérations deviennent de plus en plus complexes, il s’agit de trouver un compromis acceptable entre la nécessaire prise en compte des risques et le maintien de l’activité économique. Il s’agit de créer l’adhésion par la concertation et le compromis plutôt que de promouvoir des solutions coercitives incomprises et inadaptées, voire contre-productive pour le territoire », clame Grégory Namiech, directeur de l'agence Nexity qui propose néanmoins des solutions : la création d’un organisme unique en charge de coordonner et de piloter l’ensemble de la problématique foncière selon les particularités territoriales, le développement d’opérations d’ensemble ou encore des solutions techniques comme celles développées par l’agence Babylone (Paris).










