La clinique albigeoise du groupe Clinipole placée en redressement judiciaire
Propriété du groupe héraultais Clinipole, la clinique Toulouse Lautrec à Albi est placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce le 1er mars, deux jours après s’être déclarée en cessation de paiement. « Lorsque nous l’avons rachetée fin 2018, elle était déjà en déficit depuis plusieurs années et son CA ne cessait de décroître, précise à La Lettre M Olivier Constantin, directeur général du groupe. Nous avons redynamisé l’activité car le CA est passé de 15 M€ à plus de 19 M€ en 2023, mais nous n’avons jamais réussi à équilibrer les comptes. » La clinique de 220 salariés accuse un déficit de 2 M€. Le plan de continuation doit donc permettre au groupe de profiter d’« une respiration financière pour passer le cap ».
Un plan d’économie de 1,2 M€
Le dirigeant pointe du doigt les nombreuses crises traversées depuis l’acquisition de l’établissement, comme l’inflation et la pénurie de personnel : « Nous n’avons jamais pu l’exploiter dans des conditions normales. » Le groupe – qui possède une vingtaine de structures autour du soin – confirme poursuivre les recrutements et même ouvrir de nouvelles activités, mais veut réduire les charges. En effet, face à l’explosion du coût des énergies en 2023, Clinipole entend faire des économies grâce à la renégociation de son contrat avec son fournisseur. « Nous ne prévoyons pas de plan social car nous ne pouvons pas nous le permettre étant donné l’activité croissante de l’établissement, ajoute Olivier Constantin. En revanche, certains postes dans l’administration ne seront pas remplacés en 2024 et 2025. Aussi, nous avons réduit quelques services, comme celui des soins programmés, qui n’ouvre qu’un jour sur deux, et fermé quelques lits dans certains services. » Le directeur général précise que ce plan d’économie de 1,2 M€ est d'ores et déjà mis en œuvre et bien avancé depuis plusieurs mois.
« Si l’établissement fermait ses portes, ce serait gravissime pour le territoire albigeois, estime le dirigeant, qui assure être confiant pour l’avenir. Tous nos partenaires – ARS, bailleur, salariés – croient au redressement. Nous devons nous serrer les coudes. » La période d’observation doit permettre au groupe de prouver qu’il tient les objectifs fixés. Un premier point d'étape est prévu avec le tribunal de commerce en avril prochain.











