La Chambre régionale des comptes épingle la Zac des Portes du Tarn
« La stratégie globale devra être adaptée en vue d’assurer l’équilibre économique et financier de l’opération », résume le rapport de la Chambre régionale des comptes relatif à la gestion du syndicat mixte* en charge de l’aménagement de la Zac des Portes du Tarn. « Très bien situé, à proximité de la métropole toulousaine », ce parc d’activités de 198 ha, dont 126 ha commercialisables, est loin d’avoir atteint ses objectifs, notamment en termes d’emploi, constatent les auteurs du rapport en pointant les 87 M€ qu'a coûté cet équipement. « Au 1er décembre 2018, seulement 2 % des surfaces cessibles ont été commercialisés. La Zac ne bénéficie que d’une seule implantation effective de société, et il s’agit d’une entreprise tarnaise (Vinovalie, NDLR). Elle n’a pas encore attiré d’entreprises provenant du monde économique toulousain », souligne le rapport en rappelant que l’un des objectifs de ce projet consistait à « accroître l’employabilité des habitants sur le territoire ».
Seulement 100 emplois créés à ce jour
« À ce jour, 100 emplois ont été créés, et une trentaine sont prévus avec la nouvelle aire d’autoroute. Pour le surplus, les projets en cours ne sont pas suffisamment avancés pour permettre de définir le nombre d’emplois escomptés », poursuit le rapport. Un bilan peu flatteur alors que, selon deux simulations réalisées par le syndicat mixte en charge de la Zac, l’opération devait permettre la création, a minima, de 2 217 emplois, et de 3 970 emplois en hypothèse haute. Lancée en 2009 à l’initiative du Département du Tarn, « cette opération a répondu davantage, pour l’instant, aux attentes d’aménagement urbain de la commune de Saint-Sulpice, qui souhaitait la réalisation d’un contournement routier ». La Zac est implantée dans les communes de Buzet-sur-Tarn (31) et Saint-Sulpice-la-Pointe (81).
* Le syndicat mixte des Portes du Tarn est présidé par Christophe Ramond, président conseil départemental du Tarn. La structure associe les représentants des communautés de communes Tarn-Agout et Val d’Aïgo et les Départements de la Haute-Garonne et du Tarn.
Concernant la commercialisation de la zone, Christophe Ramond, président du syndicat mixte des Portes du Tarn, précise - dans un courrier adressé à la Chambre régionale des comptes - que « s'agissant d'une opération à long terme, prévue jusqu'en 2042, son avancement est cohérent par rapport à l'achèvement des travaux de viabilisation, moins de deux ans, et par rapport à la taille du projet ». Toujours en réponse à ce rapport, l'ancien président du Département du Tarn, le sénateur Thierry Carcenac, indique pour sa part qu'il « reste 21 ans pour commercialiser ce parc d'activités ».
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