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Midi-Pyrénées
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Institutions
| 1/12/2016

La Chambre régionale des comptes épingle la Cogemip et Midi-Pyrénées Construction

Les modalités de gestion de la Cogemip, Sem locale de construction et de gestion en charge des opérations de construction de l'ex-Région Midi-Pyrénées, et de Midi-Pyrénées Construction (MPC), société publique locale également créée par l'ex-Région MP, font l'objet de deux rapports récents de la Chambre régionale des comptes (CRC). Les deux entités sont spécialisées dans la construction d'équipements structurants (Cogemip) et l'accompagnement de projets de construction portés par les collectivités (MPC) réalisation. Principal constat dressé par la CRC, leur mode de gestion « comparable » met en péril leur existence.

Créée en 1989, la Cogemip (CA : 1,1 M€ - 11 salariés – président : Thierry Suaud), qui gérait un portefeuille de 20 opérations au 31/12/2014, voit ses recettes décliner, analyse en premier lieu la CRC, « faute de nouveaux marchés régionaux ». De fait, la viabilité de la Cogemip ne serait plus assurée d'ici deux ans, selon la CRC. La société peine en effet à se diversifier afin de conserver son équilibre financier « et ses opérations en nom propre, relevant du secteur des énergies renouvelables, ne sont pas rentables à court terme », précise le rapport. Une situation aggravée par la concurrence importante d'autres Sem et SPL régionales, à l'image d'Oppidea, d'Europolia, de la Sem 81, de la Semateg (82) ou de la Sem 12. Conséquence de ce manque d'anticipation, son CA a reculé de 18 % entre 2012 et 2014, conduisant à un écart défavorable entre le le CA 2014 (4,5 M€) et les charges d'exploitation (4,8 M€).
Autre constat, le montant des avances versées par la Région est chaque année largement supérieur à celui des dépenses réalisées. « Alors que sous la période sous revue (exercices 2010 et suivants, NDLR), 153,4 M€ de travaux ont été réalisées par la Sem, un total de 181,7 M€ d'avances a été versée par la Région, soit un écart de 28,3 M€. » Des excédents de trésorerie placés en produits financiers générant des intérêts importants reversés à la Région. Or « cette pratique n'est pas conforme aux conventions particulières de ces opérations » pointe encore le rapport. La CRC fait par ailleurs état d'une productivité inférieure des salariés de la Sem par rapport à des structures comparables.

Concernant la gestion de la SPL Midi-Pyrénées Construction (exercices 2011 et suivants), la CRC relève les mêmes anomalies de fonctionnement : trop forte dépendance vis à vis de la Région qui représente à elle seule 98 % des travaux réalisés, avances versées supérieures aux dépenses réalisées, versement des intérêts de ces excédents à la Région, déficit de productivité des salariés et détérioration de la situation financière.
Enfin, la CRC évoque les liens existants entre les deux entités et leurs très fortes interactions : « Elles occupent les mêmes locaux, sont dirigées par la même présidente directrice générale (Elisabeth Dupuy-Mitterrand a démissionné de son poste en juin 2016, après l'audit de la CRC, NDLR), assistée du même directeur, auquel sont adjoints le même directeur opérationnel et le même directeur administratif. » 

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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