La CCI LR vote pour la départementalisation
L’AG de la CCI LR a voté, le 25 juin, un voeu en faveur de la départementalisation des CCI du Languedoc-Roussillon. Cette délibération, qui prévoit de ramener le nombre de CCI de 9 à 5 en LR, a recueilli 37 voix sur 53. 16 élus ont voté contre*, dont les 15 représentants des CCI de Narbonne, Béziers, Sète et Alès, hostiles à cette réforme, qui les transforme en CCI déléguées, sans bureau ni assemblée générale. « La départementalisation est définitive », assure le président de la CCI LR, Bernard Fourcade, qui salue « une décision importante pour l’ensemble du monde consulaire ». Le président de la CCI d’Alès, Francis Cabanat, qui plaide pour la création d’une CCI locale dans sa ville, souligne pour sa part que l’AG « n’a pas voté le schéma directeur organisant la carte consulaire en 2017 », et ajoute que « le préfet de région (présent à l’AG, NDLR) a précisé et insisté sur le processus d’adoption du futur schéma, dont le dernier mot reviendra au ministre de tutelle ». Ce schéma directeur, qui doit être approuvé aux deux tiers des votants, sera soumis à l’AG du 23 septembre prochain. Les élections pour ces nouvelles CCI départementales, et pour la nouvelle CCI de la grande région, auront lieu fin 2016, pour une mise en place de la nouvelle organisation au 1er janvier 2017.
Départementalisation
Le président régional, Bernard Fourcade, refuse de parler de « victoire » et affirme que les petites chambres, qui vont être rattachées aux chambres départementales, ne seront pas lésées : « Midi-Pyrénées a mis en place la départementalisation avant nous, et ça s’est très bien passé pour Millau et Rodez », assure-t-il. Pour un élu consulaire hostile à la départementalisation, le vote d’hier est « le résultat d’un calcul politique d’André Deljarry et Bernard Fourcade pour prendre le contrôle de la future CCI régionale ». André Deljarry expliquait, début juin, que la mise en place d’une CCI départementale dans l’Hérault « nous permettrait de peser dans la grande région, avec 60 000 entreprises dans notre ressort, contre un peu plus de 40 000 pour la CCI de Toulouse ». Bernard Fourcade estime que la départementalisation des CCI languedociennes leur donnera davantage de poids dans la perspective de la future CCI régionale, mais assure que « les CCI des deux régions seront quasiment à égalité » après la départementalisation, et qu’ « il n’y aura pas de guerre entre les deux régions ». Un acteur du monde consulaire estime que plusieurs alliances sont, en fait, envisageables, dans la future grande région : « Si les CCI de Toulouse et Montpellier s’entendent, elles peuvent prendre le contrôle de la future CCI régionale ».
Préfiguration
Selon Bernard Fourcade, les CCI régionales ont déjà commencé à travailler ensemble, dans la perspective de leur fusion : « en septembre, nous aurons une réunion de préfiguration avec Midi-Pyrénées. D’autre part, nous prenons d’ores et déjà en compte la future grande région en lançant des appels d’offres conjoints avec Midi-Pyrénées. Autre exemple : une réflexion est en cours pour changer notre système informatique. Nous allons naturellement veiller à avoir des systèmes compatibles avec ceux des chambres de Midi-Pyrénées ».
*Le vote avait lieu à bulletins secrets. Le 16e élu pourrait être le dirigeant de la Socri, Nicolas Chambon. Absent, le Montpelliérain a donné son pouvoir au Biterrois Fabien Portes, hostile à la départementalisation.










