
Christian Bourquin, président de Région, a installé vendredi 19 avril le Comité régional d’orientation de la Banque publique d’investissement, dans sa « configuration de préfiguration ». La composition de ce conseil* est définie par la loi, mais les organismes qui en feront partie, si ce n’est la Région et la Caisse des dépôts, n’ont pas encore arrêté le nom de leurs représentants. Pourquoi une préfiguration ? Tout simplement parce que les décrets d’application de ce conseil « chargé d’exprimer un avis sur les orientations stratégiques, la doctrine d’intervention et les modalités d’exercice par la société et ses filiales de leurs mission d’intérêt général et sur la mise en œuvre de la transition écologique et énergétique », d’après la définition qu’en fait la loi du 31 décembre dernier, n’ont pas encore été publiés. Une manière de commencer à travailler sur les priorités que va se fixer ce conseil, sous la présidence de Christian Bourquin, et avec l’appui de la directrice régionale, Françoise Guétron-Gouazé, actuelle directrice d’Oseo Languedoc-Roussillon, organisme qui disparaît au profit de la BPI. « La BPI, c’est une mise en commun de tous les métiers d’Oseo, auxquels on ajoute des fonds gérés par la Caisse des dépôts et la distribution des aides à l’export par Ubifrance, indique-t-elle. Nous perdons notre nom, mais, ce qui compte, c’est de garder la proximité avec les entreprises. » En 2012, Oseo L.-R. a ainsi contribué à apporter 1,3 Md€ à 3 300 entreprises de la région.
Garder de la proximité
Pour Philippe Merle, directeur de la Direccte, représentant de l’Etat, c’est là toute l’importance des comité régionaux, « des outils pensés à Paris, c’est bien. Mais la réalité des territoires, c’est autre chose. Notre premier travail va être de déterminer les priorités de financement du Languedoc-Roussillon, pour faire les choix qui seront les bons choix, à même de dynamiser la croissance de notre région. » Des entrepreneurs étaient d’ailleurs venus témoigner de l’utilité d’Oseo dans leur développement. Xavier Danjou, PDG de la confiserie du Tech, à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales : « J’ai été un utilisateur fréquent d’Oseo, dans un premier temps pour résoudre un problème ponctuel de trésorerie, puis dans le cadre d’une politique d’innovation, Oseo nous a aidé pour l’embauche d’un ingénieur. Enfin, très récemment, nous avons souscrit un emprunt pour soutenir notre politique de développement. Cela nous a permis, puisque nous pouvons utiliser ces fonds à notre guise, de saisir une opportunité de rachat d’une société en difficulté : la biscuiterie Lor. Nous avons sauvé, avec un partenaire, 60 emplois. Pour nous, Oseo est une véritable boîte à outils, dans laquelle on trouve des pansements en cas de besoin, mais aussi de formidables accélérateurs. » « L’effet levier d’Oseo aujourd’hui, de la BPI demain, est absolument fondamental pour notre économie, a conclu Christian Bourquin. La diversité du Comité permettra de définir des priorités ».
*4 représentants de la région (Christian Bourquin, Anne-Yvonne le Dain, Agnès Jullian, Hélène Giral) ; 2 représentants de l’Etat, pas encore désignés ; 1 représentant de la Caisse des dépôts et consignations (Elisabeth Viola, directrice régionale) ; 5 représentants des organisations syndicales de salariés ; 4 membres du Ceser ; 1 représentant de la CCIR ; 1 représentant de la Chambre régionale des métiers (CRMA) ; 4 personnalités choisies par le président ; 1 représentant de l’Ademe.