Kawneer cherche un repreneur pour son usine ariégeoise
Ils fabriquent fenêtres, portes et façades pour des magasins ou des restaurants comme McDonald’s. Les 51 salariés de l’usine Kawneer à Lézat (09) craignent pour leur emploi. En cause, « un projet de réorganisation qui vise à consolider notre business et nous rendre plus compétitif », explique à La Lettre M sa directrice des ressources humaines (DRH), Brigitte Philippe. « Depuis l'annonce du plan social le 30 juin, la direction nous donne peu de réponses. Les salariés sont en colère, réfléchissent à des actions intelligentes. La tension monte », prévient l'élue au comité social et économique (CSE) Judith Vallette-Viallard.
En France, l’entreprise de 250 employés compte deux usines, à Guérande (Loire-Atlantique) et Lézat, et un siège à Vendargues, près de Montpellier. Celui-ci lui fait office de base logistique afin d’importer des barres métalliques de la maison-mère, Arconic. Fragilisé par la baisse continue du prix de l’aluminium, l’industriel américain, qui compte parmi ses clients Airbus et Boeing, a annoncé en avril la suppression de 10 % des effectifs dans le monde.
« Des licenciements boursiers »
« Ce sont des licenciements boursiers pour augmenter les résultats financiers et faire plaisir aux actionnaires », dénonce Marcel van Durmen, secrétaire de l’union locale de la CGT de Pamiers. « Le plan est lié à la situation de Kawneer », réfute la DRH. La faute au Covid ? « La crise sanitaire est un élément accélérateur », concède-t-elle. Selon Infogreffe.fr, le résultat net de Kawneer France en 2017 s’élevait à 6,2 M€; en 2018, à 4,5 M€. Ses comptes 2019 n’y figurent pas. « L'année 2019 a été moins bonne que 2018 mais ce n'est pas catastrophique. Le problème, c'est que depuis quatre ans, la direction n'investit plus dans la recherche, le commerce et la communication », regrette Judith Vallette-Viallard. « La volonté de l’entreprise est d’abandonner l’assemblage pour ne garder que la partie vente des barres en aluminium », ajoute Marcel van Durmen.
Si le site de Guérande doit passer de 48 à 24 salariés d'ici la fin de l'année, celui de Lézat doit trouver un repreneur avant le 31 octobre. Faute de quoi, les 51 ouvriers et autres employés administratifs se retrouveront au chômage. « C’est court compte tenu des grandes vacances et du Covid », déplore le syndicaliste. Quant au siège à Vendargues, aucune suppression de poste n’est prévue, assure la DRH.










