Jean-Pierre Moure : « Sans A9b, le schéma d’infrastructures de l’agglo de Montpellier est planté pour vingt ans »

Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération, a détaillé l’importance stratégique, selon lui, de la réalisation du dédoublement de l’autoroute A9 au droit de Montpellier, lundi 18 avril lors d’un dîner-débat du Cobaty Montpellier. Ce projet d’infrastructure (environ 500 M€, financement : ASF) est « purgé de tout recours et un financement. Il faut aller vite. ASF peut payer. Je n’ai rien contre Borloo (ex-ministre de l’Ecologie, NDLR), mais sur ce dossier, il a cherché à composer et à gagner du temps. Il pensait que le recours porté contre le premier projet (DUP d’avril 2007) serait entériné par le conseil d’Etat. Or, cette juridiction a validé la DUP autorisant le dédoublement long ! Jusqu’à preuve du contraire, on vit dans un Etat de droit et je me fie à la décision du conseil d’Etat. Dans les cinq à sept ans, avec ce projet, on peut injecter 3,2 Md€ : contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, amorce de la gare TGV, contournement ouest de Montpellier, requalification de l’A9 actuelle, dédoublement de l’A9… à la fois pour le BTP local et pour l’aménagement du Montpellier de demain. Il serait suicidaire que l’Etat rejette ça. Je ne le comprendrais pas. Je fais confiance à la phase de concertation. Si ça ne se fait pas, l’aménagement d’infrastructures autour de Montpellier est planté pour vingt ans. »
Le maire de Cournonsec, qui s’exprimait devant 130 décideurs de l’acte de bâtir (promoteurs, commercialisateurs, architectes, bureaux d’études…), a promis une « reconfiguration totale » de l’avenue de la mer entre Montpellier et Pérols, dans le cadre du projet Ecocité. « Les commerces seront regroupés. L’ère des boîtes à chaussures est révolue ! »
Thau Agglo joue « petit bras », d’après Moure
Interrogé sur ses relations avec André Vezinhet, président du conseil général de l’Hérault, Jean-Pierre Moure a rétorqué : « Entre Frêche et Vezinhet, il y avait une tension personnelle. Depuis mon élection à la présidence de Montpellier Agglomération (2 décembre 2010, NDLR), je m’attache à ce qu’une normalisation prévale. Nous sommes en coopération très étroite, sur les infrastructures notamment. Il faut des financements croisés sur des enjeux essentiels, comme le projet Campus ou les infrastructures. »
Regrettant que « trop peu d’entreprises aient plus de dix emplois », il a révélé que ses services réfléchissaient à un nouveau slogan. « Après ‘Montpellier, la surdouée’, il faut trouver un slogan incarnant le grand Montpellier dans l’avenir. Sans se comparer à Barcelone, Marseille, Lyon et Toulouse, il faut exister dans ce quadrilatère », en jouant notamment la carte de la matière grise, du lien recherche/universités/entreprises, de l'innovation et de l'ouverture à l'international.
Après que le préfet de l’Hérault a préconisé un mariage entre les agglos de Sète et Agde, Jean-Pierre Moure a lancé : « Thau Agglo annonce 400 M€ d’investissements sur dix ans, soit 40 M€ par an. Je dis ‘petit bras’, par rapport aux enjeux de société et d’aménagement, à la nécessaire reconfiguration de Balaruc et de Frontignan ».










