« J’ai une armée nationale derrière moi », déclare Hélène Mandroux
Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, a réaffirmé vendredi 29 janvier à l’Hôtel de Ville de Montpellier son intention de mener une liste socialiste pour les élections régionales de mars, contre celle du président sortant divers gauche Georges Frêche. ?Le montpelliérain Paul Alliès, secrétaire national adjoint à la rénovation du PS, qui était présent à ses côtés, sera le porte-parole de sa campagne.
« J’ai une armée nationale derrière moi, qui est l’armée nationale de mon parti, et j’ai des troupes avec moi, vous les découvrirez au fur et à mesure, a-t-elle déclaré. Il n’y a pas de mission impossible », a-t-elle ajouté devant une meute de journalistes locaux et nationaux. « Demain, toutes les vedettes du Parti socialiste vont venir en Languedoc-Roussillon : Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo… J’ai eu Martine Aubry ce matin au téléphone. La fermeté est forte, cette grande fermeté me conforte. Des secrétaires nationaux, et pas des moindres, qui soutenaient Georges Frêche, m’ont apporté leur soutien aujourd’hui, comme François Hollande. Tous les grands ténors du parti me demandent de prendre mes responsabilités. Je ne vois pas comment je n’aurais pas pu prendre mes responsabilités. Je mènerai la seule liste socialiste en Languedoc-Roussillon. »
D’après Hélène Mandroux, Georges Frêche n’est pas plébiscité par les militants socialistes régionaux, malgré les scrutins internes favorables à sa liste d’octobre et décembre dernier : « Sur les 14 000 militants socialistes de la région, 6 500 ont voté Georges Frêche. Tous les autres militants ne se sont pas exprimés. Des tas de militants me disent aujourd’hui qu’ils seront avec moi. »
Hélène Mandroux est restée floue et sur la stratégie d’alliance avec la liste d’Europe Ecologie, emmenée par Jean-Louis Roumégas. « C’est sûr qu’il y aura une union au deuxième tour avec la liste NPA/Front de Gauche/PC, Europe Ecologie et la mienne, même si nous partons séparés. C’est un acquis. Pour ce qui est du premier tour, on est en train de discuter. »
« Je ne dis pas que Georges est antisémite, mais sa phrase l’est »
Floue, Hélène Mandroux l’a également été sur l’éventuelle exclusion du Parti socialiste des caciques locaux qui resteraient fidèles à Georges Frêche. « Ca concerne le national. Nous sommes dans une rénovation aujourd’hui, ça peut passer par là, mais c’est le national qui décidera. Je suis là pour rassembler celles et ceux qui croient dans les valeurs de la gauche, dans les valeurs républicaines ». ?Interrogée sur le contenu du programme, Hélène Mandroux s’est également reportée à l’échelon national : « Il y a un tronc commun du programme du Parti socialiste pour l’ensemble des régions, sur l’environnement, le social. Je ne suis pas rentré dans le détail entre hier et aujourd’hui. Notre région a une attractivité qui fait qu’on doit travailler sur l’emploi, le logement, le social, l’économie touristique… »
D’après elle, Georges Frêche a eu une phrase « antisémite » en disant, au sujet de Laurent Fabius : « Il a une tronche pas catholique ». « Je ne dis pas que Georges est antisémite, mais la phrase l’est. »
« Cette image négative du Parti socialiste retentit sur le Parti national, mais retentit aussi sur celles et ceux qui sont candidats dans les autres régions. Ce nouveau dérapage est parti comme un soufflet, comme un tam-tam. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. » ? « Vous ne m’avez jamais vu attaquer Georges Frêche personnellement, j’ai toujours été d’une fidélité totale quand j’étais son élue, a-t-elle conclu. A chaque fois que je n’étais pas d’accord, comme sur le dossier Anru, je le lui ai dit. On a le droit, dans une démocratie, de ne pas être d’accord. Pour les régionales, je n’étais pas d’accord sur la stratégie de Codorniou, je l’ai dit dès le début. »
« le Villepin d’Aubry »
Interrogé dans la matinée sur Europe 1, Georges Frêche avait qualifié Hélène Mandroux de « général sans troupe » et s’était présenté comme « le Villepin d'Aubry ». « Il n'est pas question de s'excuser parce que ce que je dis, c'est une expression courante. J'ai regardé tous les dictionnaires », a réaffirmé le président du conseil régional. Selon lui, « on l’utilise comme tête de Turc pour la campagne des régionales, (...) pour la campagne nationale des présidentielles à venir ». « Madame Aubry cherche à éliminer les fédérations socialistes du Languedoc-Roussillon parce qu'elle a peur qu'elles ne votent pas pour elle pour les prochaines présidentielles », a affirmé Georges Frêche. « Elle a décroché le pompon, ça m'étonnerait qu'elle fasse beaucoup de voix ici ».
Georges Frêche s’est comparé à Jacques Chirac en 1995 : « J’ai plein de couteaux dans le dos mais je suis debout et les couteaux, ils vont tomber tout seuls ».
De son côté, le Vert Jean-Louis Roumégas a réaffirmé, dans la journée, que, « dans tous les cas de figures, il y aura une liste Europe Écologie au premier tour ».










