Isabelle Prevot (Bic de Montpellier) : « Le monde de l’investissement a les yeux tournés vers Montpellier »
Isabelle Prevot est la directrice du Business Innovation Center de la métropole de Montpellier. Actuellement, 157 start-up y sont accompagnées. Après avoir redoublé d'efforts pour accompagner les porteurs de projets pendant le confinement, les équipes du Bic savourent leur fierté suite à la dernière levée de fonds en date réalisée par l'un de leurs poulains, Swile. Interview.
L'entreprise montpelliéraine Swile vient de lever 70 M€. Swile a été accompagné par le Bic, l'incubateur va-t-il en tirer un bénéfice?
Nous sommes très fiers de la levée de 70 M€ de Swile. Loïc Soubeyrand a fait ses armes au sein du Bic, avec son premier projet Teads (racheté par Altice en 2017 pour 285 M€, NDLR) et depuis 2017 avec Swile. Il a souhaité être incubé pour Swile mais je ne suis pas certaine qu’il avait vraiment besoin du support d’un incubateur vu son expérience! Nous avons pu lui offrir une certaine flexibilité dans son installation au sein de Cap Omega. Au delà du Bic, une levée comme celle de Swile est bonne pour le territoire dans son ensemble. Le monde de l’investissement a les yeux tournés vers Montpellier et cela met ainsi en lumière la force de notre écosystème. Aujourd’hui, Loïc Soubeyrand partage quand il le peut son expérience avec les autres porteurs de projets et c’est précieux.
Qui sera le prochain « Swile » selon vous ?
(Rires) Il est déjà sorti de l’incubateur. Il faut du temps pour mettre sur pied un tel projet. Swile est un des modèles possibles. Cette entreprise fait partie des projets qui ont besoin d’une croissance rapide. Toutes les start-up n’auront pas la même stratégie. Cela dépend du secteur d’activité, de la personnalité de l’entrepreneur…
Comment le Bic de Montpellier et ses jeunes entreprises innovantes ont-t-ils vécu ces semaines de confinement?
Nous avons accompagné les entreprises de notre portefeuille, en les aidant à solliciter les aides, à réfléchir à un éventuel report d’actions, à saisir l’opportunité de revoir leur modèle et opérer parfois un pivot, plus ou moins net. La start-up Tzic par exemple, spécialisée dans la désinfection de l’eau par led UV a adapté sa technologie pour compléter son offre avec de la désinfection d’objets. En termes de financement, les start-up étaient particulièrement vulnérables à ce moment-là. Certaines en étaient au tout début de leur commercialisation et ont dû affronter un marché complètement fermé, à quelques exceptions près. D’autres se sont révélées à l’occasion de cette pandémie, en particulier celles évoluant dans la santé comme SeqOne, Bipsoin pour ne citer que ces deux-là.
Et du côté des investisseurs, quelle a été leur réaction?
Les investisseurs ont réagi en deux temps. D’abord, ils se sont recentrés sur leur portefeuille, sur les participations qu’ils avaient déjà. Ils ont pris le temps de conseiller les dirigeants, éventuellement réaliser un petit bridge si nécessaire. Par contre, ils étaient fermés aux opportunités de nouveaux investissements. C’est aussi la raison pour laquelle le Montpellier Capital Risque - initialement prévu avant l’été - n’avait pas lieu d’être avec ce timing. Il a été reporté à l’automne. Aujourd’hui, ça repart. Les business angels répondent présents aussi. La volonté affichée des investisseurs de revoir certains de leurs critères d’attribution de fonds n’est pas que de la communication. Il y a une envie et une volonté d’aider les entreprises qui réfléchissent au « monde de demain ». C’est d’ailleurs une bonne chose.










