Fil infos

Hérault
|
Transports - Logistique
| 21/04/2016

Intermodalité : connecter les modes de transport entre eux

Il était question de mobilité et d’intermodalité au petit-déjeuner organisé par l'enseigne de vélo-taxi HappyMoov le 21/4 à Montpellier. Etaient invités à la tribune Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'aéroport Montpellier-Méditerranée, Eric Lelong, responsable du programme porte-à-porte de la SNCF LRMP et Jean-Luc Frizot, DG de la Tam (Transport de Montpellier métrople). Individuellement, ces différents modes de transport sont plutôt performants mais le bât blesse au niveau de la connexion entre eux, au détriment de l'usager. Les freins sont multiples : financiers, culturels, concurrentiels,…

Défaut d’intermodalité
Si le président du directoire de l'aéroport Montpellier-Méditerranée s’enorgueillit des ambitions portées par la plateforme héraultaise – atteindre les 2,2 M de passagers d’ici à 2020 - les problèmes d’accès à l’aéroport pourraient rendre l’objectif compliqué à atteindre. « L’accès à l’aéroport est déjà difficile à certaines heures alors qu’en sera-t-il avec 1 M de passagers en plus ? Certains matins, les passagers doivent attendre le retour des 37 taxis de Montpellier, déplore-t-il. La navette vers le centre-ville n’est pas entièrement satisfaisante et nous ne sommes pas raccordés au tram. Une intermodalité plus efficace est la condition de notre réussite. » De son côté, Eric Lelong, représentant la SNCF, note que « 30 % des personnes interrogées dans un récent sondage renoncent à voyager avec la SNCF car ils n’ont pas de solutions satisfaisantes entre leur point de départ et la gare. » Pour cette raison, Eric Lelong vient d’être désigné Responsable du programme porte-à-porte. Basé à Toulouse, il est chargé de trouver des solutions d’intermodalités au niveau local. « Nous allons proposer à la rentrée 2016, à Toulouse et à Montpellier, un package Etudiant destiné à ceux qui rentrent une fois par semaine chez eux. »

Collectivités
Aucun élu, que ce soit de la métropole de Montpellier, de la Région ou du Département, n’avait répondu à l’invitation d’HappyMoov pour participer à ce débat. Pourtant, le DG de la Tam se dit « soucieux car (il) ne sent pas les enjeux de la mobilité compris par les collectivités. Il y a des problèmes de financement. Nous sommes un opérateur, nous devons être force de proposition certes, mais tout est sous l’autorité de la Métropole ». « Nous savons que Saurel (président de Montpellier métrople, NDLR) et Rossignol (président de la communauté d'agglomération Pays de l’Or, NDLR) sont favorables au tram jusqu'à l'aéroport. Nous savons où le faire passer mais cela coûte cher », confirme Emmanuel Brehmer. En matière d’intermodalité, la Région a été désignée chef de file par la loi NOTRe. « Tant mieux, répond le président du directoire de l'aéroport Montpellier-Méditerranée, car si les modes de transport pour accéder à l’aéroport ne nous satisfont pas, nous ne trouvons pas les interlocuteurs pour en parler. »

Complémentarité
« Un nouveau champ s’ouvre, estime Anthony Michaud, co-associé de HappyMoov Montpellier. Il faut maintenant arriver à identifier là où il y a de la concurrence et là où il y a de la complémentarité. Les différents modes de transport doivent maintenant se côtoyer » . Pas si facile lui répond Emmanuel Brehmer : « Ça n’est pas simple avec les taxis, c’est la première fois que je rencontre le représentant de la Tam et si nous sommes partenaires avec la SNCF, nous sommes aussi concurrents ».

Numérique
Pour le DG de la Tam, « l’arrivée du numérique a boosté l’intermodalité et il faut être maintenant dans le temps réel. C’est cela que nous demandent les usagers et c’est là-dessus que nous sommes attendus ». L’application de la SNCF, qui fait partie des applications les plus téléchargées, propose les horaires des trains, la géolocalisation, la gestion des e-tickets… Elle permet aussi d’établir un tracé intégrant d’autres modes de transport que les siens. « Montpellier ne fait pas encore partie des villes où cela est possible », signale Eric Lelong. Se pose alors la question de l’accès aux données (big data) qui donnera la valeur ajoutée aux applications.

Reste selon Jean-Luc Frizot, DG de la Tam, un mode de transport, pas forcément mis en avant et pourtant défiant toute concurrence: la marche à pied. « Il y a une zone de travail sur l'accessibilité des transports via la marche à pied, à l'instar de la ville de Barcelone. »

La société HappyMoov est installée à Montpellier depuis 2 ans. Équipée d'une flotte d'une dizaine de vélos, elle répond à une demande de déplacement hyper-local.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie