Industrie du cinéma : Pics Studio, un projet à 100 M€
Le futur pôle cinématographique situé à Saint-Gély-du-Fesc dans l'Hérault, Pics Studio, représentera « 100 M€ d’investissement », ont confié les porteurs du projet lors d’une visite du site, le 8 avril. Destiné à répondre à la demande croissante de studios de tournage en France et dans le monde, « le permis de construire de ce projet industriel de 35 000 m2 de bâti et 7 000 m2 dédiés à la formation sera déposé en fin d’année. Occupant, un site arboré de 14 ha, le pôle devrait être opérationnel fin 2024 », ont indiqué Antoine Pietrera, DG de Spag et Jacques Guipponi, président de GGL Groupe, les acteurs privés qui portent ce projet, situé dans le quartier des Vautes. Pics Studio devrait générer quelque 2 000 emplois.
Un projet de filière d’envergure nationale et internationale
Les porteurs de projets souhaitent s'inscrire dans un projet de filière, celle de l’industrie culturelle et créative (9 000 emplois en Occitanie) soutenue par les collectivités et l’État car source d’activité et d’emplois locaux. Par sa taille, « Pics Studio serait le plus important réalisé en France », a confié Antoine Pietrera. D’ailleurs, ce projet a un parrain : « Cédric Klapisch, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma », a annoncé Sébastien Giraud, consultant du projet Pics Studio. Le projet est par ailleurs déjà « identifié par l’État – comme projet prioritaire et structurant - dans le cadre de France 2030, où sont fléchés 600 M€ sur cinq ans dont 300 M€ affectés à la création de nouveaux plateaux de tournage », a indiqué Antoine Pietrera, DG de Spag dans l’attente du lancement des appels d’offres. « Ce projet a une envergure nationale et internationale. La demande de plateaux de tournages est très importante. Les grandes plateformes de production Netflix, Amazon, Apple TV, HBO max, Paramount + investissent des centaines de millions d’euros en Europe. Il y a des opportunités à saisir ici ! », a complété Marin Rosenstiehl, responsable de la commission du film au sein de l’agence du cinéma et de l’audiovisuel régionale Occitanie Films.
Un projet industriel
« C’est avant tout un projet industriel et non immobilier », ont précisé les porteurs du projet qui détiennent depuis plusieurs années le foncier. Le projet nécessite une mise en compatibilité du PLU pour lequel une enquête publique sera lancée cet automne. « Nous travaillons en amont avec les services des collectivités et de la préfecture sur les dossiers administratifs : autorisations, sécurité, accessibilité du site etc, a souligné Antoine Pietrera. L’écrin de verdure sera conservé. Le projet répondra aux enjeux technologiques et environnementaux. Il préservera le cadre de vie de ceux qui travailleront ici et contribuera à la décarbonation de la filière grâce à l’outil que sont les studios de tournage ». Les porteurs de projets se disent convaincus de bénéficier « d’un alignement des planètes », ce projet étant « aussi bien perçu par la Région, le Département, la Métropole de Montpellier, la communauté des communes du Grand Pic Saint-Loup et la ville de Saint-Gély-du-Fesc ».
Un pôle formation et 2 000 emplois à la clé
Le projet prévoit 11 800 m2 de plateaux de tournage de taille différentes (dont un de 3 000 m2), des ateliers de fabrication de décors, des locaux techniques, des bureaux qui pourront mobiliser jusqu’à 2 000 emplois. Un futur pôle de formation sera indépendant des plateaux de tournage pour des raisons de confidentialité. Ce pôle aurait déjà séduit des établissements d’enseignements. Le groupe Artfx, une école montpelliéraine spécialisée dans les métiers du cinéma, les effets spéciaux, l’animation et les jeux vidéo aurait engagé des discussions afin de répondre aux besoins en compétences. L’université pourrait y implanter une cellule de recherche et l’IAE y proposer une formation diplômante. « L’Occitanie recense environ 1 500 techniciens aujourd’hui, contre à peine une trentaine il y a peu. On manque déjà de professionnels en particulier des techniciens. Les trois séries de France télévisions et de TF1 génèrent à elles seules 600 emplois, a précisé Marin Rosenstiehl. « Nous sommes là sur un secteur économique qui irrigue le territoire et pas seulement les métropoles. Le secteur des ICC bénéficie d’un écosystème déjà présent et représente une croissance d’emploi en pourcentage équivalente à celle de l’aéronautique », a assuré Carole Delga, présidente de la Région Occitanie venue visiter le site d’implantation. Des aménagements pour l’accessibilité ont aussi été anticipés (nouvelle voiries facilitant un accès par le Lien et 500 places de parking).










