Fil infos

Languedoc-Roussillon
|
Immobilier
| 13/04/2016

Immobilier : l’accession à la propriété un enjeu en ex-LR

« Le logement locatif et social ne peuvent tenir à eux seuls le marché de l’immobilier. L’accession à la propriété devient alors un vrai sujet. Elle est peu présente dans les politiques publiques sauf à travers le PTZ alors que c’est le principal moteur de la construction et qu’elle suscite l’intérêt des ménages », déclare Alain Tourdjman, directeur des études économiques et de la prospective du Groupe BPCE, lors de la matinale de conférences sur le thème «  Perspectives de l’immobilier résidentiel  », organisée par la Banque Populaire du Sud (siège : Perpignan) le 12/4 à à l’Altrad Stadium de Montpellier. Alain Tourdjman a noté des similitudes avec le national (niveau de transaction, droits de mutation, stabilité des prix dans le neuf) sauf pour les mises en chantiers avec un net décrochage depuis 2011 en ex-LR, -25%. L’établissement bancaire compte 140 clients dans la promotion immobilière et a financé en 2015, 157 programmes pour un montant total de 188 M€.

Décalage

Devant une centaine de professionnels de la promotion immobilière venus des quatre coins de l’ex-LR, Alain Tourdjman a aussi pointé l’existence « d’un décalage entre les besoins d’habitation et l’absence de capacités d’achat des ménages. Aujourd’hui dans le neuf, on ne construit par pour l’accession des ménages ! » Une réflexion qui tombe dans une période où les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas. « En 2016, les taux devraient rester bas. Il faudra les observer à partir du printemps 2017 », précise le directeur des études. D'après lui, pour relancer la construction, il ne faut pas agir sur les taux d’intérêt mais sur « la réorientation des aides pour favoriser l’accession et la resolvabilisation des ménages. » Reste qu’il faut construire pour répondre à la demande de logements des ménages pour qui la pierre reste une valeur refuge, un placement pour leur retraite et une réponse à l’allongement de la vie. Alain Tourdjman considère aussi qu’il faudrait revoir les dispositifs comme Pinel pour les orienter vers l’accession, baisser la valeur du foncier avec une contrepartie pour la collectivité et proposer des règles de PTZ adaptées à la promotion privée. 

Les recours

L’envol du nombre de recours évoqué par Me Frédéric-Pierre Vos, directeur du Pôle immobilier du Cabinet d’avocats LVI (Paris) a suscité un fort intérêt des acteurs de la promotion immobilière. Il y a au national 33.000 permis bloqués attestant d’une réalité à solutionner. Celui-ci s’est attaché à définir les profils des requérants : le promoteur concurrent, le voisin, le politique (opposition municipale), recours mafieux pour gagner de l’argent facilement, le vrai écologiste. En réponse aux questionements de son auditoire, il a donné quelques conseils à la marge – chaque recours étant propre à un projet – comme « bétonner le permis de construire, travailler sur l’affichage de l’opération, attention à ne pas céder aux discours des architectures fantaisistes,… ». Il a aussi fait mention d’actions de prévention à mener notamment sur la validité du PLU, les documents d’urbanismes,… Son conseil : « s’adresser par courrier aux juges du tribunal administratif pour expliquer la situation car cette juridiction est engorgée par les affaires de droits des étrangers ! »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie