Pyrénées-Orientales
Aménagement - Urbanisme
Ikéa à Rivesaltes : le conseil syndical du Scot vote la dérogation

Sous la présidence de Jean-Paul Billès, le comité syndical du Scot Plaine du Roussillon a voté à l’unanimité, ce 4 juillet, la demande de dérogation exprimée par la commune de Rivesaltes visant à réviser son PLU pour une surface totale de 40 ha pour permettre l’éventuelle implantation de l’enseigne Ikéa, sur 9 ha à vocation commerciale. Ikéa serait susceptible de créer 300 emplois pour plus de 10 M€ d’investissement. À cette occasion, André Bascou, le maire de Rivesaltes et vice-président de l’agglomération, a rappelé les raisons qui ont amené sa commune à effectuer cette démarche. « Les dirigeants d’Ikéa recherchent un emplacement pour un nouveau magasin entre Gérone et Montpellier. Rivesaltes se situe au barycentre de cette zone avec un positionnement en bord d’autoroute », indique-t-il, devant une large assemblée mobilisée pour l’occasion. « Je m’engage moralement et par écris à déclasser cette surface de 9 ha en zone d’activité économique traditionnelle au cas où Ikéa ne choisirait pas le site de Rivesaltes » poursuit le maire répondant à la crainte de certains membre du comité dont Jean-Paul Alduy, soucieux de la validité juridique d’une telle approche. Présent, l’avocat Me Jean-Pierre Henry a rappelé à l’assemblée que « la demande de dérogation effectuée ce jour s’inscrit dans le cadre d’une procédure de révision de PLU où le Scot n’existe pas encore. Le règlement du PLU ne prévoit pas que la zone à urbaniser soit réservée à Ikéa pour une question de sécurisation, malgré l’engagement de Rivesaltes, qui ne reste qu’un engagement de portée morale. »
Précipitation
Ce périmètre économique rivesaltais avait été refusé lors du comité du 21 mars dernier en marge de la mise à enquête publique (en cours) du Scot. « Je respecte les travaux conduits par le Scot. Je ne comprends pas cette précipitation pour accueillir une multinationale qui n’a toujours pas fait son choix, note Jean Vila, le maire de Cabestany. Selon un avocat d’affaires, Gérone est plus favorable pour des raisons de fonctionnement. » Pour Louis Carles, le maire de Torreilles, « la grande distribution tire l'économie vers le bas. Avec cette quête des bas prix, elle propose des emplois précaires et sera confrontée à la montée du e-commerce. » « Si nous n’avons pas de terrains disponibles, nous jetons Ikéa dans les bras de Gérone alors que nous avons des atouts » répond André Bascou.
Compétition de territoires
« La partie se joue aujourd’hui avec la volonté d’implantation d’une multinationale, précise Jean-Paul Alduy, le président de l’agglo, qui avait voté contre cette zone au précédent comité, en raison de la prolifération des zones commerciales. Nous sommes propriétaires de terrains dont il suffit de changer la vocation pour une sécurité juridique permettant de favoriser l’accueil de ce projet. » « Nous sommes dans une compétition de territoires, complète le maire du Barcarès, Alain Ferrand. On ne peut pas dénigrer une entreprise susceptible d’offrir des emplois aux nombreux chômeurs des P.-O. » Une approche suivie par les commune de Baixas mais aussi d’Espira de l’Agly qui dénoncent la faiblesse d’implantations d’entreprises au nord de Perpignan. Au-delà de l’emploi, le représentant de Canet-en-Roussillon indique que ce genre de « commerce est très attendu par les jeunes du département. » Face à la teneur des débats, et bien que suppléant, Jean-Claude Kaiser, élu à la Ville de Perpignan et à l’Agglo, s’est exclamé : « Ce département ne changera jamais avec des gens comme vous ! Le projet d’Ikéa peut amener beaucoup de choses, nous avons déjà laissé passer IBM et bien d’autres… »










