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Languedoc-Roussillon
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Viticulture
| 15/12/2016

Les vins IGP Pays d'Oc sous tension

Inquiétude : c'est le sentiment dominant, ce 15/12, dans les rangs du syndicat des producteurs de vin IGP Pays d’Oc (6,5 Mhl, 800 M€ de CA, 120.000 ha), lors de son AG à La Grande-Motte (34). « Pour la première fois depuis 5 ans, nous enregistrons un ralentissement des sorties de chai et la reconstitution des stocks-outil. La politique du ‘toujours moins cher’ revient. Il faut tenir les prix, annonce Jacques Gravegeal, président. Après une hausse de 28 % sur le prix du vrac en trois campagnes, c’est un changement de rythme pour l’année 2016 ». En cause, « les importations de vins espagnols, accuse le leader syndical. Il n’est pas possible de concurrencer cette offensive ibérique appuyée par des prix bas à 32 €/hl ». Côté français, la grande distribution est aussi l’objet du courroux viticole : « la confusion sur les marques de distributeurs est parfois voulue. Les similitudes peuvent être tellement fortes avec les Pays d’Oc que cela trompe le consommateur. » Pour preuve, un Bib « Vieux carion » en Pays d’Oc de l’enseigne à la Marque repéré à côté d’un « Carion, rond et fruité » de la même enseigne mais… espagnol. « Nous ne voulons pas interdire les vins espagnols, mais que le consommateur achète en pleine connaissance de cause, insiste Jacques Gravegeal. Après, ce sera un débat de qualité et de prix. »
5,7 M€ dans la communication. Le président des vins IGP Pays d’Oc insiste également sur la mise en place d’une politique offensive sur l’origine française des vins Pays d’Oc. Le logo Pays d’Oc prendra « les couleurs patriotiques » à l’export et le syndicat va fortement accompagner ses adhérents pour le mettre beaucoup plus en avant sur l’étiquette. « Il faut renforcer la communication sur la valeur du label », confirme Florence Barthès, directrice du syndicat. Pour 2017, le montant du budget communication s’élève à 5,7 M€. Après le club des marques et le club des enseignes, le syndicat vient de créer le club du CHR (café-hôtel-restaurant) « pour aller chercher de la notoriété ». Pas question, cependant, d’ouvrir une guerre ouverte avec la grande distribution, qui écoule 1,8 Mhl de vins Pays d’Oc, ni le négoce, qui achète 75 % de la récolte en vrac.

Une étude devrait être engagée en 2017 par l’interprofession InterOc avec le négoce et la production « pour comprendre les raisons de la pression énorme de la grande distribution ».
Le président des Pays d’Oc revient enfin sur la question de la segmentation de l’offre. Des discussions sont en cours avec la coopération et les vignerons indépendants.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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