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| 18/09/2013

IBM va investir 1 Md$ dans Linux : quel impact pour Montpellier ?

La direction d’IBM par la voix de son vice-président Brad McCredie a annoncé hier, 17 septembre, lors d’une conférence à la Nouvelle-Orléans, aux Etats-Unis, que le géant informatique allait investir 1 Md$ dans les prochaines années afin de soutenir les technologies Linux et Open source pour ses serveurs Power System. Quatre sites dans le monde devraient en profiter, dont le site de Montpellier qui développe des technologies à base de briques Linux. Le centre dédié de Montpellier doit être mis en service le 1er octobre, en tant que nouveau centre client pour l’Europe, d’après l’annonce de M. McCredie, repris dans un communiqué diffusé par l'entreprise. Toutefois, l’impact réel sur le site héraultais n’a pas été dévoilé, et les syndicats restent sceptiques, d’autant qu’un plan social est en cours chez IBM France. 689 postes doivent disparaître au sein du groupe dans le pays auxquelles s'ajoutent 129 mobilités géographiques. Les employés ont jusqu'à fin septembre pour faire valoir un départ volontaire, après quoi des licenciements seront prononcés. « On ne sait pas encore dans quelle mesure Montpellier sera impacté, cela pourrait être 30 ou 40 postes, mais on ne le saura qu'à la fin du mois, explique Florence Buscail, secrétaire du CE à Montpellier. Nous allons aussi bénéficier de quatre mobilités géographiques en provenance de Paris, qui est le plus impacté par ce plan. » Les syndicats viennent d’ailleurs de déposer un recours devant la justice pour l’annulation de ce PSE. Les audiences sont prévues le 22 octobre et le 28 novembre.

Incompréhension des syndicats
D’où leur incompréhension devant cette annonce d’investissement. « Nous avons un Comité central d’entreprise aujourd’hui, et rien n’est inscrit à l’ordre du jour, pas plus que pour la session plénière qui doit se dérouler vendredi 20 à Montpellier, indique Régine Delebassée, déléguée centrale CGT. On se demande même si la direction France est au courant. Et puis, si le développement du cloud permet de développer le business, ça ne développe pas d’emplois ». Le site de Montpellier est en effet positionné sur le développement du cloud computing, avec un site dédié inauguré à Grabels il y a un an, un deuxième datacenter prévu dans les mois qui viennent et un investissement de « 30 M€ par an pour le développement du cloud computing », comme l'indiquait Jean-François Pachot, directeur du site, à La Lettre M en fin d’année dernière. Un chiffre dont on ignore, pour l'instant, s'il est en rapport avec l'annonce faite hier au niveau mondial. Pour le directeur du site héraultais, l’implantation du centre cloud était déjà à l’époque une garantie de maintien de l’emploi sur le site de Montpellier. Une fois de plus, les syndicats réfutent cette affirmation : pour eux, le cloud n'a généré que deux ou trois emplois à Montpellier. Et le plan d'investissement dévoilé hier comme un pur effet d'annonce.

Légende : Alain Bénichou, en train de couper le ruban inaugurant officiellement le datacenter d'IBM à Grabels en octobre 2012, au côté de Gilbert Pastor, vice-président de l'agglomération en charge du développement économique. A l'arrière plan, à droite de M. Bénichou, Jean-François Pachot, directeur du site de Montpellier. Pour lui, le développement du cloud computing à Montpellier était déjà une garantie de maintien de l'emploi sur le site héraultais.
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