Dans un contexte de « tension », les forces économiques jouent la carte de l’action collective
Plusieurs centaines de chefs d’entreprise haut-garonnais se sont réunis, le 15 janvier au Meett de Toulouse Métropole, à l’appel des « forces économiques » de la Haute-Garonne, constituées du Medef 31, de la CPME 31, de la FBTP 31, de la CCI Toulouse 31 et de l’UIMM Occitanie. Une cérémonie de vœux XXL visant à mobiliser le monde patronal du territoire dans un contexte de crise. « Nous vivons une période de tension extrême, avec des équilibres géopolitiques durablement mis en cause, soupire Patrick Piedrafita, président de la CCI toulousaine. Notre responsabilité est de continuer à nous appuyer sur quatre axes stratégiques : la diversification, la décarbonation, la souveraineté et la réindustrialisation. »
Malgré le contexte, « il faut investir »
Pour le président de la CCI Toulouse 31, le contexte actuel, que ce soit au niveau international, national ou plus local, doit amener les chefs d’entreprise du territoire à faire preuve de « lucidité ». « L’Europe est prise en étau entre un bloc russe impérialiste, un bloc américain protectionniste et une Chine très offensive d’un point de vue économique, constate-t-il. Mais nous avons un poids considérable ; ne nous comportons pas en Europe vassale ! Par ailleurs, en France, nous avons besoin de stabilité politique et monétaire. Et arrêtons le concours Lépine fiscal ! Les entreprises réclament de la lisibilité. Enfin, au niveau haut-garonnais, nous devrions enregistrer 2 % de croissance en 2025, principalement grâce aux secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la santé. Mais il ne faut pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt ; le commerce, l’artisanat et les services souffrent…. » Dans ce contexte, Mathieu Roudié, président de la FBTP 31, l’assure : « Même si nous sommes dans un pays à l’arrêt, avec des difficultés politiques et budgétaires, il faut investir. Car l’investissement, c’est de la recette future. » Même injonction à l’action chez Didier Katzenmayer, président de l'UIMM MP-Occitanie, pour qui « dans un monde instable, il convient de garder le cap, en ne faisant pas l’erreur d’abandonner notre jeunesse ».
« La courbe des emmerdes »
De son côté, Nicolas Durand, président de la CPME 31, met en avant « quatre vérités fondamentales » : « Le temps s’accélère, les tendances basculent – hier, nous ne jurions que par la mondialisation, aujourd’hui, la souveraineté est la clé -, les décisions politiques sont changeantes et la confiance est la clé de voûte. » Quant à Pierre-Olivier Nau, président du Medef haut-garonnais, il profite de sa dernière grande allocution avant la fin de son mandat mi-2026 pour livrer son sentiment. « J’hallucine ! martèle-t-il. J’hallucine de la surdité, de la pauvreté des débats au Parlement français. J’hallucine lorsque je vois tous les efforts que l’on nous demande dans un monde qui se casse la gueule... » Et de conclure, acide : « Entrepreneur, c’est le seul métier du monde où la courbe des emmerdes est parfaitement parallèle à celle de la passion. »











