À HydroGaïa, Carole Delga propose la création d'un service régional de l’eau
Les Assises de l’eau « H2O 2030 » en Occitanie, organisées le 17/5 lors du salon HydroGaïa (17 et 18/5) par la Région Occitanie dresse l’état des lieux de la ressource pour une vision à l’horizon 2030. « C’est la 1re photo à l’échelle de la région… L’objectif est de mettre en œuvre un service régional de l’eau. Des actions coordonnées doivent être conduites avec les acteurs privés et publics, indique Carole Delga, présidente de la Région. Ce travail est essentiel pour la politique régionale de l’eau. Il faut être innovant, s’inscrire dans une large concertation et être force de proposition pour les générations futures ». Cet état des lieux « lance le démarrage de la phase de concertation qui va s’étaler sur 2017, jusqu’aux assises régionales de 2018 où sera présenté la stratégie », complète l’élue régionale. À l’issue de ces 2 phases, sera lancée une concertation auprès du grand public. La Région proposera ensuite des scenarii.
Une adaptation nécessaire
Cet état des lieux qui a pris en compte la quantité et la qualité de la ressource, la biodiversité, les besoins en eaux (usages : agriculture, thermalisme, tourisme) montre que la région est riche de milieux naturels (lagunes, zones humides, têtes de bassin) mais potentiellement vulnérables aux évolutions climatiques. Les ressources en eau superficielles et souterraines ne sont pas disponibles de la même manière sur l’ensemble du territoire ni dans le temps. Autre point, des territoires sont déjà soumis à des déséquilibres importants entre ressources et usages. « Concernant la qualité de l’eau, il s’avère que 54 % des surfaces d’eau ne sont pas en bon état écologique (100 % visés en 2027). 15% des Step (station d'épuration NDLR) ne sont pas aux normes », commente Cécile Bedel de l’Arpe. Si des marges de progrès dans la connaissance sont attendues d’une manière générale, la multitude d’acteurs qui intervient dans la gestion de l’eau interroge sur la position de la Région. Alors que le prélèvement d’eau atteint 1,6 Md de m3, « pour l’ensemble des usages, il manque de 250 M de m3 », témoigne un intervenant. « La Région va devoir s’adapter à une ressource en eau moins abondante avec une croissance de la population (+60.000 nouveaux habitanst par an NDLR) qui va augmenter le besoin. À cela s’ajoute, le changement climatique, les sècheresses qui sont 2 fois plus nombreuses au cours de ces dernières décennies. La sécheresse des sols est alarmante. Les précipitations seront plus intenses.… Les pistes : tout ce qui va permettre de limiter l’évapo-consommation comme les haies par rapport au vent, la préservation des milieux naturels et agricoles pour limiter les émissions à effet de serre », résume Jean-Michel Soubeyroux, de Météo France. Il pense aussi qu’il faut surveiller l’élévation du niveau marin au-delà de 2030.
Autre constat : « L’eau aide à structurer une destination touristique », confirme Magali Ferrand, direction du tourisme et du thermalisme Région Occitanie. Les enjeux concernent aussi l’agriculture. 8,3 % de la surface agricole utile soit 262.000 ha est irriguée. Ce sont 660 M de m3 d’eau consommés pour l’alimentation du bétail et les cultures irrigués (maïs, élevage, vignes, maraichage). « Ce secteur pèse 6,8 Md€ dont 1,4 Md pour l’agri irrigué, 20% du CA. Dans un contexte de sécheresse, 60 % des territoires présentent un déficit. Une mise à disposition de l’eau est nécessaire pour préserver ce secteur. La Région travaille sur l’adaptation des variétés, les évolutions de pratiques sur les économies d’eau, précise Emmanuelle Laganier, direction de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt à la Région Occitanie. Entre 2007 et 2014, 137 M m3 d’eau ont été économisés annuellement en Occitanie par les travaux sur les réseaux. Cette voie sur les économies d’eau est à poursuivre ». L’eau concerne aussi l’énergie avec l’hydroélectricité. « La région est très équipée. L’eau énergie fait partie du paysage énergétique de notre région, souligne Philippe Bauchet, direction de la transition écologique et énergétique à la Région qui entend devenir une région à énergie positive à l’horizon 2050. Le facteur hydroélectricité est une composante de cet objectif. Deux manières pour l’atteindre : réduire la consommation et augmenter la production d’énergie renouvelable. Ce travail est en cours. Il n’y aura pas de nouveaux grands équipements hydroélectriques à venir en région. Sur les 30 ans à venir, la production hydroélectrique devrait rester constante 10.000 MWh de production. Des améliorations sur les équipements existants sont attendues. »










