Hydrogaïa : la filière de l'eau sort les muscles
Les 17 au 18/5, les acteurs nationaux et internationaux de la filière eau se retrouvent à la 7e édition d’Hydrogaïa (organisateur : Montpellier Events) au Parc expos de Montpellier. Les 2e assises régionales de l’eau lancée par la Région se tiennent le 17/5 (14h à 17h). « L’eau est essentielle au dynamisme économique de la région : agriculture, tourisme, thermalisme, énergie... », indique Agnès Langevine, vice-présidente de la Région. « 78 % des emplois industriels dépendent de l’eau », souligne Sylvain Boucher, président du Pôle Eau. Avec Benoît Gillmann, président du cluster Swelia, il planche sur l'organisation d’un French Water Week à l’horizon 2019. Tous deux sont convaincus que « la France, et en particulier l’Occitanie, ont une place à prendre. 20 % de la recherche dans le domaine de l’eau en France est centralisé à Montpellier, à travers 15 laboratoires fédérés autour du cluster IMEE ».
« La Région dispose d’un écosystème de recherche, d’innovation et d’entreprises dans ce secteur et peut être leader sur les marchés nationaux et internationaux, ajoute l’élue régionale. La Région a fait de l’eau un enjeu majeur de l’aménagement du territoire et à lancer les premières assises en 2016. Les résultats du premier diagnostic sur la gestion durable de la ressource en eau et des usages seront dévoilés. Le but est de pouvoir se projeter à l’horizon 2050 en s’appuyant en suivant sur une concertation, des cahiers d’acteurs, des contributions collaboratives, des actions auprès des lycées... »
Focus sur l'agroalimentaire
Le thème central de cette édition sera « L’eau pour l’alimentation et la sécurité alimentaire : solutions technologiques et industrielles pour un développement durable ». Pour cette édition, 105 exposants seront présents (150 en 2016) et 4.000 visiteurs professionnels sont attendus. Cette année encore le programme est riche de temps forts avec 40 événements, ateliers et conférences mais aussi les rendez-vous d’affaires BtoB Hydro’Pro organisés par la CCI. « Cet événement est l’occasion pour les acteurs du secteur de faire le point par rapport aux attentes clients, au développement et aux innovations réalisées dans l’année », indique Sylvain Boucher, président du Pôle Eau qui qualifie Hydrogaïa de Water Week à la française.
Développement à l’international
L’international est un axe fort pour le développement de cette filière régionale. « Ce secteur représente 15 Md€ d’activité en France qui reste stable sur un marché de renouvellement contrairement au marché international qui pèse 390 Md€ avec une croissance de 10 % par an. Beaucoup de pays ont la volonté d’accélérer le domaine sanitaire (assainissement) et l’accès à l’eau », indique Sylvain Boucher. « Le potentiel de croissance des entreprises est considérable. L’export, c’est presque no limit », complète Benoît Gillmann. Sud de France développement et le réseau des entreprises du secteur ont été mobilisés attirant près de 70 représentants de 20 pays Palestine, Congo, Maroc, Tunisie, Sénégal,…). « Un partenariat sera signé lors du salon avec les Pays-Bas sur la base d’échange de bonnes pratiques, l’accès aux financements européens », complète-t-il.
Des freins : financements et règlementation
La question du financement des entreprises du secteur, notamment du haut de bilan, est une condition fondamentale pour leur développement, pointe Benoît Gillmann. « Le secteur est sur de la croissance et donc des emplois pérennes. Il y a de l’argent en France mais pas au bon endroit, commente Benoît Gillmann. L’État peut mieux faire, notamment à travers Bpifrance tout comme la finance internationale et les bailleurs de fonds ». La réglementation notamment de l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) constitue un autre frein. « La question du reuse (réutilisation, NDLR) de la ressource en eau devient cruciale malgré les blocages règlementaires et psychologiques. Il ne peut y avoir d’agriculture, d’aquaculture, d’industrie et d’énergie sans eau ! », poursuit Sylvain Boucher citant les innovations des start-up comme Microbia (66). « Nous avons les technologies, on sait faire en France mais cela n’est pas autorisé sauf dérogation préfectorale, c’est un scandale ! C’est différent aux Etats-Unis », complète Benoît Gillmann.










