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Aveyron / Lot
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Industrie
| 25/10/2022

Hervé Danton (Mecanic Vallée) : « Il faut agir sur l’énergie, sinon nous allons droit dans le mur »

A l’occasion du Siane, salon des partenaires de l’industrie organisé du 18 au 20 octobre au Meett, Hervé Danton, délégué du cluster Mecanic Vallée, qui anime un espace économique constitué de sociétés de l’aéronautique, des transports, de la mécanique générale et du secteur automobile en Aveyron, en Corrèze, dans le Lot, en Haute-Vienne, dans le Cantal et en Dordogne (210 entreprises, 12 000 emplois), livre à La Lettre M sa vision des grands enjeux industriels du territoire.

Quel est aujourd’hui l’enjeu numéro un chez les entreprises que vous accompagnez ?
C’est l’énergie, clairement. Actuellement, les contrats énergétiques des entreprises sont soit non renouvelés, soit le sont à des prix prohibitifs. Le coût de l’énergie, qui représentait 3 % du chiffre d’affaires des acteurs très consommateurs – comme dans la peinture ou le traitement de surfaces -, est parfois passé à 20 %. C’est du jamais vu et cela n’a aucun sens. Personne ne peut supporter ça ! Nous nous retrouvons avec des sociétés qui font face à un problème insoluble, ingérable, sauf par la voie politique, et ce au plus haut niveau. La solution la plus logique serait la mise en place d’un bouclier tarifaire. Ce problème est purement conjoncturel, nous le savons. Alors changeons de braquet, sinon nous allons droit dans le mur.

D’autant que d’autres contraintes demeurent…
En effet. Notamment la question du recrutement, très sensible dans notre territoire. C’est un problème récurrent. D’ailleurs, c’est bien simple, la moitié de l’équipe de la Mecanic Vallée est dédiée aux sujets RH. Cette année, 800 postes étaient ouverts dans la zone et pour les métiers que nous couvrons. 600 embauches ont déjà eu lieu depuis le début de l’année ; je précise qu’il ne s’agit pas du chiffre des créations d’emplois nettes, qui n'est pas encore connu. La situation est compliquée, mais pas insoluble. Pour faire face aux besoins, nous ciblons les personnes éloignées de l’emploi, les migrants, les gens qui souhaitent se reconvertir…

L’industrie souffre encore de son image. Comment luttez-vous concrètement contre ce phénomène ?
Nous mettons en place de nombreuses actions, à l’image de la « Boîte à métiers de l’industrie du futur », cofinancée par la Région Occitanie, que nous déployons depuis deux ans dans les établissements scolaires. Et ça fonctionne très bien ! Nous sommes là pour convaincre, notamment les plus jeunes, qu’il y a dans l’industrie un travail durable et pérenne, utile pour l’économie. Et nous leur montrons que l’industrie du futur est compatible avec la transition écologique.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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