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Hérault
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Aménagement - Urbanisme
| 9/03/2010

Hérault/Port de Sète - Plus d’un millier de manifestants anti-Agrexco entre Montpellier et Sète

À Sète, la fronde anti-Agrexco prend de l’ampleur. Entre 1 100 (gendarmerie) et 1 500 (organisateurs) manifestants opposés au projet d'implantation d'Agrexco, importateur israélien de fruits, sur le port de Sète, ont cheminé samedi entre Montpellier et le port de Sète, sans créer d’incidents. Le cortège a rejoint en fin d'après-midi la gare maritime Orsetti, porte d'entrée de la zone portuaire de Sète. D'après Jean-Paul Nunez, délégué régional de la Cimade, la direction du port n'a pas reçu de délégation. « Les autorités régionales ne veulent pas dialoguer. On n'avance pas quand on ne dialogue pas », a-t-il déclaré à La Lettre M.
Les manifestants, venus de toute la France (Strasbourg, Toulouse, Marseille, Lyon, Paris...), sont arrivés à Sète en début d'après-midi, après avoir emprunté la RN 112 sous l'escorte des gendarmes. Un meeting s'est tenu place Aristide Briand entre 16h et 17h. Ont notamment pris la parole Faez Taneeb, paysan palestinien, Naji Owdah, directeur d'un centre culturel dans le camp de réfugiés de Deisheh, Eyal Sivan, cinéaste israélien, Jean-Guy Greilsamer, membre du bureau national de l'Union Juive Française pour la Paix.

Agrexco table sur un trafic de 200 000 palettes au démarrage

« Agrexco, le port de Sète n'est pas à toi », ont scandé les manifestants. Sur des pancartes, on pouvait lire des slogans hostiles au projet défendu par Georges Frêche, président sortant DVG de la Région Languedoc-Roussillon (propriétaire et gestionnaire du port ) et candidat à sa réélection pour les prochaines élections régionales : « L'Alsace dit non à Agrexco », « Agrexco = AGREssion X COmplicité », « Accueillir Agrexco = complicité de crimes de guerre », « Agrexco : occupation, oppression, colonisation ».
À une semaine du premier tour des élections régionales, la procession anti-Agrexco a ainsi pris des allures de fronde anti-Frêche, avec la présence, au départ de la marche samedi matin, de Jean-Louis Roumégas, tête de liste d'Europe Ecologie en Languedoc-Roussillon, Paul Alliès, porte-parole de la candidate socialiste Hélène Mandroux et René Revol (Front de Gauche/NPA). Le cortège s'est d’ailleurs élancé au pied de l'Hôtel de Région à Montpellier.
« Je suis opposé à la venue d'Agrexco à Sète (transfert de Marseille vers Sète, ndlr) pour deux raisons, a déclaré Jean-Louis Roumégas à La Lettre M. D'une part, on ne peut pas commercer à n'importe quel prix, et fermant les yeux. Les produits d'Agrexco viennent de terres volées, où la liberté et l'eau sont volées. On est dans la violation du droit international. D'autre part, en développant ce type d'emploi sur le port de Sète, ne tue-t-on pas l'emploi de dizaines et de centaines de producteurs locaux ? Avec ce projet, nous nous soumettons à la grande distribution et au système international. »
José-Luis Moragues, animateur de la coalition anti-Agrexco, annonce d'ailleurs deux actions en justice, « une au niveau européenne, devant la cour pénale internationale, en invoquant l'exploitation économique de territoires occupés ; une, plus urgente, au niveau civil, pour demander une enquête sur l'origine des produits. »« On ne veut pas d'Agrexco à Sète, car cette entreprise exploite les produits des colonies palestiniennes, a renchéri Jean-Paul Nunez, délégué régional de la Cimade. C'est contraire à la 4ème convention de Genève. Agrexco est une entreprise criminelle, qui n'a rien à faire sur le port de Sète. »
Agrexco table à Sète sur un trafic annuel de 200 000 palettes au démarrage de l'activité, en 2012 ou 2013. La pose de la première pierre de l'entrepôt frigorifique de GF Group, qui doit accueillir principalement Agrexco, a déjà été retardée et est désormais annoncée « pour septembre », a déclaré début février Georges Frêche. Le terminal fruitier doit employer une centaine de personnes. La coalition anti-Agrexco regroupe environ 90 associations (France palestine Solidarité, Cimade, Ligue des Droits de l'Homme...), des syndicats et partis politiques, dont les Verts, NPA et le Front de Gauche.

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