Hérault/Artisanat - Roch Pouzoulet (UPA) tire la sonnette d’alarme
50 % d’entreprises de plus en redressement entre le 1er janvier et le 15 octobre 2008, par rapport à la même période l’année précédente, et 47 % de plus en liquidation : la crise frappe l’artisanat héraultais (bâtiment, services, métiers de bouche).« Jusqu’en juin, environ cinq artisans se déclaraient chaque vendredi en cessation de paiement, a indiqué vendredi Roch Pouzoulet, président de l’UPA de l’Hérault. Depuis, c’est une vingtaine. »Le bâtiment fait les frais de la crise : le nombre d’artisans du bâtiment inscrits au répertoire des métiers a baissé de 8 % entre 2007 et 2008 et le nombre de radiations a augmenté de 3 %. Le solde est par contre positif pour les services et les métiers de bouche, avec respectivement des hausses de 10 % et 7 %.Roch Pouzoulet rencontre cette semaine le président départemental de l’Urssaf pour demander « un étalement de la dette des entreprises. On souhaite également rencontrer un responsable des impôts, mais c’est toujours plus difficile… La TVA perçue est certes dûe, mais on pourrait lisser dans le temps, car elle sert aussi parfois de trésorerie. » Craintes sur le travail dissimulé, le statut d’auto-entrepreneur et le travail le dimanche « La direction du Travail n’a ni la loi ni les moyens à sa disposition, a-t-il déclaré. Un inspecteur qui veut contrôler du travail dissimulé dans une résidence privée ne peut pas rentrer dedans : il faut surprendre le travailleur dissimulé au moment où il sort de son véhicule ! Il peut y avoir 2 000 inspecteurs, ça va être compliqué… il faut changer la loi. » Selon lui, le travail dissimulé ne l’est que de nom : « Quand on voit une voiture qui n’est pas aux couleurs d’une entreprise, avec des pots de peinture dans la malle, personne n’est dupe. »Il ne se dit pas opposé au travail le dimanche, mais « tout le monde ne peut pas ouvrir le dimanche et on ne peut pas ouvrir tous les dimanches. Le travail du dimanche ne structure pas une société ».Roch Pouzoulet a rappelé les inquiétudes de son syndicat liées au statut d’auto-entrepreneur. « On craint les gens qui viendraient faire des coups, par exemple en achetant 30 téléviseurs à l’étranger, puis en créant une société pour les revendre en quinze jours. D’autre part, nos salariés peuvent ouvrir leur propre entreprise. Certes, ils ne peuvent pas travailler pour nos clients sans l’autorisation du chef d’entreprise. Mais il y a le voisin, ou le client qu’on a connu il y a deux ans : c’est incontrôlable ! Comment vérifier qu’un salarié ne fait pas un mur de clôture ou une dalle chez un ancien client ? C’est de la concurrence déloyale. »Roch Pouzoulet se félicite par contre de l’initiative de l’Opac ACM, qui attribue des lots « sur mesure » pour les artisans. « ACM fait des lots par cage d’escalier ; Là, les artisans de deux ou trois salariés peuvent répondre. Nous pouvons répondre aux lots compris entre 100 000 et 400 000 euros, pas à ceux de 5 M€ - même si nous nous regroupons ».L’artisanat héraultais compte 22 000 entreprises et emploie 47 000 personnes, pour un CA estimé à 7,4 Md€. 16 à 25 % des entreprises sont à céder dans les dix prochaines années, selon les professions et les bassins d’emplois.H.V.










