Henri Lachmann (Schneider Electric) s’étonne de la faiblesse économique du L.-R.
« Je ne comprends pas pourquoi le Languedoc a une activité économique aussi faible, déclare Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric (repreneur des trois sites d’Areva T&D dans l’Hérault), le 10 au mas Saint-Gabriel à Marsillargues, lors de l’assemblée générale de l’UPE 34, présidée par André Deljarry. Vous avez le climat, la mer, l’ouverture vers le Sud, vous n’êtes pas un désert, vous avez des universités et des écoles… Peut-être vous faudrait-il une ou deux locomotives. Schneider pourrait en devenir une. Peut-être vous faut-il attirer d’autres entreprises. Mais il est clair que les collectivités, au sens large (politiques et économiques) devraient mieux utiliser ces atouts pour que votre région soit économiquement plus riche. Les zones voisines - Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice - ont plus de richesses et moins de chômage que le Languedoc. »
Interrogé par La Lettre M sur le devenir des trois sites héraultais d’Areva T&D (Fabrègues, Lattes, Montpellier), il a promis que Schneider « tiendra ses engagements (maintien de l’emploi jusqu’à début 2013, ndlr). Ces sites dans l’Hérault marchent bien et ont un rayonnement mondial. Ils emploient près de 1 000 personnes dans l’activité moyenne tension. »
Hommage aux petits patrons
Henri Lachmann a rendu hommage au courage des patrons de PME : « Dans une petite entreprise, les erreurs sont mortelles. Dans une grande entreprise, croyez-moi, il faut faire beaucoup de conneries pour qu’il y ait des problèmes (applaudissements et rires dans la salle). Non seulement les erreurs ne se voient pas, mais elles ne font pas mal. »
Henri Lachmann a retracé devant les patrons héraultais les grandes lignes de son rapport sur le bien-être et l’efficacité au travail, remis en début d’année au gouvernement. D’après lui, les Français n’aiment pas suffisamment les entreprises, « attitude qui n’est pas propice à la croissance ». La France manque d’entreprises de taille intermédiaire, et les entreprises souffrent d’isolement géographique. « Malgré les syndicats, les chambres consulaires, les agences de développement économique.., il y a finalement peu d’écosystème et peu de partenariat. » D’après lui, les chefs d’entreprises propriétaires vendent « trop vite et trop tôt » leur affaire. Il fustige également « le total manque de solidarité entre les grandes et petites entreprises, dû à la centralisation parisienne » et appelle à requalifier les termes de « donneur d’ordres » et « sous-traitants » en « client » et « fournisseur ». Il rappelle le rôle fondamental de l’innovation, « pas forcément technologique. La gestion, c’est bien, mais il faut innover, créer, sinon on n’a plus rien à gérer ! »
Et insiste sur l’importance de la gestion des hommes : « Quand on a auditionné les gens de France Télécom, on a compris pourquoi ils ont des problèmes (vague de suicides, ndlr), et quand on auditionne ceux de La Poste, on croit comprendre pourquoi ils n’en ont pas. »










