Hemeria investit massivement pour soutenir sa croissance
La société toulousaine Hemeria - née en 2019 de la volonté du groupe Nexeya de se recentrer sur ses activités spatiales – n'en finit plus de croître. L'entreprise de 250 salariés, qui devrait enregistrer 45 M€ de chiffre d'affaires en clôture d'exercice 2020-2021, table sur 55 M€ l'an prochain, avec une trentaine de recrutements à la clé. Une croissance qui concerne ses deux grands piliers – le spatial et la Défense – et s'appuie sur une stratégie d'investissement.
Une nouvelle salle blanche
Côté spatial, Hemeria déploie deux types d'activités : la fourniture d'équipements spatiaux et le NewSpace. « C'est pour soutenir notre développement dans ce secteur que nous injectons près de 1,5 M€ dans une nouvelle salle blanche de 800 à 1 300 m2qui verra le jour à Toulouse en octobre prochain », annonce à La Lettre M Nicolas Multan, DG. Dans le champ du NewSpace, la société poursuit son travail d'ingénierie dans la perspective de la mise sur orbite en 2023 des 25 nanosatellites IoT de la constellation Kinéis.
Mais ce n'est pas tout : l'entreprise prépare déjà l'après Kinéis, au travers de deux projets stratégiques. « Tout d'abord, nous participons au projet Yoda, porté par le Cnes, qui prévoit de mettre sur orbite des nanosatellites de démonstration et de surveillance, indique le dirigeant. Par ailleurs, nous lançons un programme de 11 M€ sur deux ans et demi - financé pour moitié dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir – visant à développer une nouvelle ligne de produits liés à l'observation de la Terre. Dans ce cadre, nous allons concevoir une nouvelle plateforme compatible multi-charges utiles et multi-missions. » Un programme ambitieux qui doit permettre à Hemeria de se positionner à l'export.
Stratégie de croissance externe
Côté Défense, la société toulousaine muscle ses positions dans le maintien en conditions opérationnelles de systèmes critiques et dans la conception de systèmes sécuritaires pour environnements critiques. Une stratégie plurielle qui la pousse à multiplier les opérations de croissance externe. « Nous sommes toujours à l'affût, que ce soit dans le spatial ou la Défense, confirme Nicolas Mulan. Nous avons toujours entre un et trois dossiers en cours d'analyse... » Globalement peu impactée par les effets de la crise sanitaire, Hemeria est aujourd'hui confrontée, comme bon nombre d'acteurs du secteur, à un double phénomène : l'allongement des délais de fourniture de composants et la flambée des prix de certains d'entre eux, à l'image des systèmes électroniques.
