Guy Esclopé : « Baisse de trafic et déficit pour les aéroports de Carcassonne, Tarbes et Perpignan »
Depuis le 1er janvier, l’aéroport de Tarbes a rejoint la société publique locale aéroportuaire régionale (SPLAR), qui regroupe désormais trois aéroports dont celui de Perpignan et celui de Carcassonne. En 2020, les trois plateformes ont dû faire face aux effets de la crise pandémique. Elles enregistrent de fortes baisses de trafics et des déficits importants. Le contexte sanitaire actuel est peu propice à l'établissement de perspectives pour 2021. Entretien avec Guy Esclopé, président de la SPLAR.
Quel est le bilan d’activité 2020 des plateformes suite à la crise Covid ?
La crise sanitaire a induit un arrêt des vols et du trafic passager au sein des plateformes aéroportuaires dès le 24 mars. Toutefois, celles-ci devaient rester ouvertes pour assurer leurs missions de service public (évacuation sanitaire, vols militaires, dons d’organes, Samu, sécurité civile…, NDLR). Le trafic aérien a repris en juin/juillet selon les aéroports. Alors que la reprise de l’activité était bonne, la mise en quarantaine en Grande-Bretagne mi-août a freiné le trafic jusqu’à l’arrêt avec le 2e confinement en novembre dernier. Carcassonne, affiche une baisse de 78 % de trafic (soit 75 000 passagers contre plus de 350 000, NDLR). La plateforme accuse un déficit de 4 M€ pour 5 M€ de chiffre d’affaires. Du côté de Perpignan, le trafic s’est confirmé sur l’été grâce aux vols Air France et aux vols de la compagnie Volotea. La fréquentation recule de 57 % pour 190 000 passagers. Sur un chiffre d’affaires de 8 M€, la plateforme affiche 2,8 M€ de déficit. Elle résiste. Concernant l’aéroport de Tarbes, le trafic passager a chuté de 84 % pour 70 000 passagers. Les vols charter liés au sanctuaire de Lourdes sont en recul de 95 % (6500 passagers contre 150 000 en 2019, NDLR). Cette plateforme affiche un chiffre d’affaires de 15 M€. Je n’ai pas encore connaissance du montant du déficit.
Quelles sont les perspectives pour 2021 ?
Nos perspectives 2021 n’ont que peu de valeur vu le contexte actuel. Il va falloir s’adapter et assumer les déficits. Avant le 2e confinement, nous avions projeté 175 000 passagers à Carcassonne et 335 000 passagers à Perpignan. Actuellement, on constate que les vols vers Paris depuis Perpignan ont des problèmes de remplissage. Cela montre que la clientèle d’affaire n’y est plus et que les visioconférences sont devenues incontournables dans l’organisation des entreprises. Ce marché devrait changer même après le Covid. Pour l’heure, les compagnies aériennes ne nous ont pas lâché. Volotea qui sert les destinations Lille et Nantes pourrait peut-être ouvrir une ligne vers Strasbourg. On espère même que la filiale d’Air France, Transavia va venir à Perpignan. On souhaiterait pouvoir proposer un mix Air-France Transavia.
