Grève du port de Sète : le ras-le-bol des professionnels, le carton jaune de Navarro

« On vient de subir huit jours de grève en deux semaine, c’est catastrophique, tempête, lundi 24 janvier au soir, Pierre de Boutray, directeur de Sea Invest Sète (42 salariés et 13 dockers). La semaine dernière (celle du 17 janvier, NDLR), les dockers ont fait grève vendredi et dimanche, les grutiers samedi et lundi. Ça nous bloque quatre jours alors qu’eux ne sont pénalisés que deux jours. Des blocages de cette ampleur sont économiquement intolérables. Si ça continue, l’avenir des ports français sera hypothéqué, avec des incidences à terme sur l’emploi dans nos entreprises. »
L’ex-président de l’Union Maritime Portuaire Sétoise (37 entreprises) - Sylvie Cano vient tout juste de lui succéder - stigmatise les modes d’actions : « Les dockers font du zèle. En plus de faire grève, ils bloquent les accès du port. Non seulement les opérations de manutention sont suspendues, mais en plus les accès aux entreprises sont bloqués, on ne peut plus retirer ni livrer de marchandises. Vendredi 21 janvier, le port était bloqué plus de 50 % du temps. Pour nous, professionnels, c’est extrêmement difficile à gérer. Les informations nous arrivent au compte-gouttes et au dernier moment, ce qui rend les choses très difficiles vis-à-vis armements ou des chargeurs. Dans cette affaire, c’est l’Etat qui fait machine arrière et c’est nous qui sommes pénalisés. »
Robert Navarro condamne une "thatchérisation des événements"
Dans une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Robert Navarro, sénateur et premier vice-président de la Région L.-R. en charge des ports, des transports et de l’intermodalité, stigmatise une « thatchérisation » des événements, « dans l’objectif de 2012 » (élection présidentielle, NDLR).
« Pourquoi ce nouveau mouvement de grève, alors que les partenaires sociaux - dont l'Union des entreprises de manutention (UNIM) et l'Union des ports français (UPF), représentant le patronat, et les organisations syndicales - s’étaient mis d’accord début novembre, avec l’assentiment du ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo, sur un dispositif de cessation anticipée d’activité, dispositif qui devait prendre en compte la pénibilité des conditions de travail ?
La responsabilité de ces nouveaux blocages est à chercher de votre côté : vous avez repris la main dans le volet 'pénibilité' de la réforme portuaire pour en faire un sujet polémique, en confondant la réforme portuaire et celle des retraites. Nul besoin ici de créer artificiellement une fausse querelle politique : avec une espérance de vie écourtée de huit ans, il est normal de permettre un dispositif de cessation anticipée d’activité.
Vous le savez, sans signature des partenaires sociaux, il n'y aura pas de convention collective et sans convention collective, la réforme ne se fera pas, entraînant des conséquences dramatiques pour notre économie. Votre ingérence dans ce dossier, pour thatchériser ces événements dans l’objectif de 2012, bafoue le principe de l'autonomie de la négociation collective. »










